ENTRETIEN AVEC DIRTY SHIRT

Dirty Shirt, les roumains déjantés nous ont particulièrement tappé dans l’œil avec leur dernier opus « Freak Show », mélangeant beaucoup de choses et saupoudré d’une pincée de folie et de beaucoup d’énergie. Ce qui nous a frappé en premier lieu, c’est la qualité musicale de chacun de ses membres, créant une synergie dévastatrice, où tout le monde joue sa carte au bon moment, sans empiéter sur personne (voir la chronique du dernier opus). 

Bref, il était temps largement temps d’échanger un peu avec eux, notamment suite à leur dernier passage à Paris qui a fait des émules !

 

C'est Mihai, guitariste Franco-Roumain qui répond à nos questions. 

 

Par Wilhem

KOTL : Dirty Shirt nous propose une musique riche, combinant beaucoup de choses très différentes (rock, Metal, musique folklorique, etc.), ce qui marque un certain décalage quand à la scène d'aujourd'hui, qui se veut plutôt revenir aux fondamentaux. Comment en êtes-vous arrivés à cette recette ? 

 

Mihai - Guitare : Pour nous, le plus important comme musiciens c’est d’être sincères et aimer ce qu’on fait. On ne cherche pas à suivre un mouvement de mode particulier, mais on suit notre voie. Bien évidemment, on essaye d’être « à jour » avec la musique actuelle, mais revenir aux « fondamentaux » c’est devenue une mode peut être parce qu’une bonne partie des groupes rock mondialement connu ont peu de chose à dire et donc ils essayent de revenir aux « sources ». C’est un peu dommage, parce qu’il y a énormément de « jeunes » groupes excellents, mais qui ont du mal à devenir connus….

 

KOTL : On vous a comparé à plusieurs reprise (y compris dans Killer On The Loose mais je ne donnerai pas les noms !) au System of a Down de la grande époque. Ça t’inspire quoi ?   

 

Nous avons beaucoup d’influences musicales de l’Europe de l’Est et comme System of a Down se sont également inspirés par la musique traditionnelle arménienne, la comparaison est inévitable. Ca nous dérange pas, bien évidemment. Je suis un grand fan des premiers deux albums de SOAD, qui à mon avis restent des chefs d’œuvre. Par contre, je pense que notre musique est plus variée que SOAD, parce que nos inspirations sont plus diversifiées. 

 

KOTL :  « Freak Show », votre dernier opus, semble plus aboutit que les précédents. Est-ce un constat que vous faites également ? Quel retour de cet album avez-vous ? 

 

Là-dessus il y a un consensus, au sein du groupe, mais aussi les retours reçus (public, presse) : Freak Show est plus réussit que l’album précédent (Same Shirt Different Day). On est contents, parce que ca montre que le groupe est sur un trajectoire positif. En plus, je pense que cette évolution est plutôt normale. En fin 2004, quand le groupe s’est réunit, on ne savait pas encore quelle direction musicale nous allons prendre. C’est pour cette raison que pendant plusieurs années, on a beaucoup testé (plusieurs démos et tournées), afin de trouver notre voie. Sur « Same Shirt Different Day » on a inclus des nouveaux morceaux qui sont plus proches de l’ambiance de « Freak Show » mais également une série des chansons plus anciennes, qu’on voulait les publier sur un album. Cela fait que SSDD est peut être moins homogène. 

 

KOTL : Votre tournée de la rentrée [qui continue jusqu'en novembre d’après ce que j’ai compris] a eu des retours assez positifs concernant les dates françaises [malgré quelques soucis de son à la scène Bastille], est-ce un challenge pour vous ? 

 

La tournée « européenne » avec 9 dates en France, Belgique et Allemagne, a été une expérience incroyable pour nous et c’était une réussite de tous les points de vus (surtout que la tournée a été organisée par nous-mêmes). Des soucis techniques comme lors du concert à Paris, ca arrive. C’est cela le live. J’ai vu des problèmes techniques beaucoup plus graves aux concerts des groupes internationaux. Je me rappelle à Rock Am Ring, quand lors du concert de Deftones tout le PA intermédiaire est tombé, et il y avait du son que devant la scène…

Mais le plus important c’est qu’on a passé des excellents moments avec des groupes, des organisateurs, techniciens et surtout un public formidable (bien présent à tous les concerts). 

C’est pour cette raison qu’on a décidé de continuer de tourner cette année (initialement on a prévu un petite pause, parce que déjà nous avons eu plus de 30 concerts cette année, mais c’est difficile d’arrêter quand tout sa se passe très bien). Le fait qu’on a sorti un nouveau clip, a été la bonne « ‘excuse » d’organiser rapidement une tournée de « retour » en Roumanie avec 9 dates confirmées. Nous avons déjà fait deux concerts, et ca était excellent (même mieux que la première partie de la tournée, en printemps). Ca nous mets en confiance et ca montre que le groupe est toujours sur une pente ascendante :)

 

KOTL : La Roumanie est loin d’être sous le feu des projecteurs en France (ou pour de mauvaises raisons) et a pourtant un passé et une culture très riches. Quelle vision en as-tu aujourd’hui ? 

 

Malheureusement, la média (TV, radio, presse écrite, internet) s’intéresse surtout aux faits diverses, les images qui choquent, tout pour capter l’attention du public et avoir les meilleurs ratings. C’est même le thème central de l’album « Freak Show ». Un autre thème qu’on a développé, qui est en lien, c’est sur l’image tellement faussée sur la Roumanie en Europe de l’Ouest (par exemple le titre « Bad Apples »). C’est bien dommage, mais les français qui ont eu un contact avec la Roumanie et les roumains savent que c’est un beau pays, avec une culture très riche et très européenne. Je pense que la musique, comme d’autres formes de l’art, peut contribuer à améliorer l’image d’un pays, mieux la connaitre. 

 

KOTL : Comment est le public Rock/Metal là-bas ? 

 

La culture rock est une culture mondiale, et le public en Roumanie diffère très peu du public du reste de l’Europe. Il est accueillant avec envie de faire la fête :)

 

KOTL : Quels sont les projets à venir pour le groupe ? Allons-nous vous revoir dans les mois qui viennent en France ?

 

Pour cette année, on a déjà la tournée « Ride » en octobre – début décembre, puis toute en fin d’année, nous allons organiser quelques concerts caritatifs, qu’on organise tous les ans depuis 2005 je pense. Le projet s’appelle « Mos Craciun e Rocker / Père Noël est un Rocker », qui est inspiré par le festival avec le même nom qui existe à Lille depuis très long temps. De notre coté, c’est plus petit, avec des concerts avec des groupes « locaux », où l’entrée est un jouet. Les jouets récoltés sont par la suite offerts aux enfants d’orphelinats, hôpitaux, etc…

 

Pour 2014, rien de précis décidé encore, mais il y a des opportunités et on espère continuer la tournée (au moins première moitié de l’année) avec des concerts en Europe de l’Est (non seulement en Roumanie) et en Europe de l’Ouest (en France aussi). Mais, comme je le disais, rien de concret pour l’instant. Par ailleurs, j’en profite de cette interview pour faire un appel aux organisateurs de festivals et les bookers en France : si vous voulez programmer Dirty Shirt l’année prochaine, c’est maintenant qu’il faut nous contacter :)