Department of Correction, Grindcore de qualité


 

D'habitude, j'enregistre mes interviews avec un bon micro. C'est confort. La qualité de son est bonne, le montage est un jeu d'enfant et le rendu à l'antenne n'en est que meilleur. Hélas, cette fois, c'est un échec. Alors que je m'apprête à me rendre à Paris pour l'interview de Department of Correction, un coup de fil, et me voilà bloqué à la maison. Du coup, je me suis retrouvé le pc avec les questions sur la table, le téléphone collé à l'oreille droite et le stylo dans la main gauche (situation peu confortable vous en conviendrez) pour effectuer celle-ci. Pourquoi tout ce mal ? Car, tout bonnement, Department of Correction est groupe que j'apprécie fortement, et qui a su me surprendre avec l'École du Goût, leur premier E.P sorti il y a deux ans maintenant. C'était l'occasion pour moi de revenir un peu dessus avec eux...

 

L'école du goût

KOTL : Alors tout d'abord salut à vous ! En premier lieu, pouvez-vous nous présenter un peu le groupe ?

 

Department of Correction : Alors Department of Correction est un groupe de Grindcore de qualité fondé en 2008, mais la première production n'a vu le jour qu'en 2011, et s'appelle l'école du goût. Sinon, le groupes est composé de trois membres fixes, et on a fait pas de mal de tournées, en Russie, aux États-Unis, en Europe, donc en tout plus de 150 dates majoritairement Françaises et Belges.

 

KOTL : Ce soir c'est la première date de la tournée que vous effectuez en commun avec Strong Intention. Qu'attendez-vous de cette tournée ?

 

Department of Correction : Et bien avant tout beaucoup d'amusement ! C'est vraiment cool parce qu’ on va faire pas mal de fests, dont le SWR Metalfest au Portugal avec notamment Cryptopsy, Possessed, Belphegor... Un autre festival à Hambourg avec que du lourd, des grosses têtes d'affiche de Grind International, le Neurotic Deathfest en Hollande, 4 ou 5 dates en squats, et le reste en clubs. Mais surtout, du plaisir, éventuellement un peu plus de notoriété, parce qu'hélas le Grind est pas très lucratif !

 

KOTL : Comme tu le disais, il y a deux ans vous sortiez L'école du Goût. Tu peux nous en parler un peu ?

 

Department of Correction : L'école du goût est un mini-cd, notre premier enregistrement, autoproduit. Il a été très diffusé, les ventes ont été plutôt bonnes, on a fait une très grosse promo dessus et ça a pas mal fonctionné puisqu'au total, en comptant les ventes en concert et tout, plus de mille copies se baladent actuellement quelque part ! Sinon, c'est aussi une sorte de petite histoire, avec un fil conducteur, sans pour autant qu'on puisse parler de concept-album.

 

KOTL : Dis-nous en un peu plus sur ce fil conducteur...

 

Department of Correction : Pour te parler du fil conducteur, je dois te parler de la compo. Tout commence avec la guitare, puis on fait les arrangements de batterie et on finit par la voix. Et au final, le fil conducteur, la trame est plus mélodique que lyrique, avec es ambiances sonores qui se suivent.

KOTL : Et comment on en vient à appeler des chansons "Ta Mère sur Hebe" ou "SPA" ?

 

Department of Correction : Enfait pour "Ta Mère sur Hebe", c'est un extrait des paroles. Elles racontent une soirée qu'on a vécu, à répéter dans le domicile familial d'un membre du groupe... Et je te laisse imaginer ce que ça peut donner, des grindeux en repet dans un domicile familial ! Et donc on délirait et on en est venu à "J'ai vendu ta mère sur Ebay", mais on voulait pas leur faire de pub donc on a mis Hebe. Pour SPA, c'est enfaite en hommage à un squat qui était juste à côté d'une SPA. Et un soir où on était dedans il y avait un mec qui répétait incessamment "Je ne suis pas Alain Souchon !", et c'est donc un hommage à ce poète (rires) !

 

KOTL : Et là tu m'intrigues, il est donc possible de cumuler paroles et grind ?

 

Department of Correction : Oui, enfin ce que je te dis là ce n’est pas sur toutes les chansons ! La plupart ont pas du tout de paroles ou quand elles en ont c'est deux lignes hein (rires). Non, la plupart du temps ce sont des bruits qui ne veulent rien dire mais n'est-ce pas là au fond ce qui apporte toute la profondeur de notre musique (rires) ?

 

KOTL : Sinon, sur cet opus on a donc 14 chansons pour 10 minutes, dont un blanc sur la dernière piste en l'attente de la Bonustrack. Comment on peut exprimer tout ce qu'on veut en à peine trente secondes, ou à la rigueur 1:25 minutes pour la plus longue chanson ?

 

Department of Correction : Et bien justement ils nous en faut plusieurs pour ça ! Enfaite si les chansons sont aussi courtes, c'est pour qu'elles soient aussi intenses, et qu'on ne lâche jamais la pression pour captiver un maximum l'attention de l'auditeur d'un bout à l'autre.

 

KOTL : Mais justement, tu penses pas qu'il serait plus judicieux de faire quelques baisses de régime, pour mettre la brutalité plus en avant ?

 

Department of Correction : Non je pense pas. Mais notre musique comporte à mon sens quand même pas mal de variations mélodiques, de changements au sein de cette brutalité et c'est tout ce qui fait le lyrisme et la poésie de notre musique (rires) !

KOTL : Et comment ça se passe en live quand sa discographie n'excède pas les 20mn ?

 

Department of Correction : On a quand même pas mal de morceaux non-enregistrés ! En tout, on en a 44, donc figures toi qu'on est même obligés de faire une sélection (rires) !

 

KOTL : L'an passé vous sortiez un split avec Noisear. Tu peux en parler un peu ?

 

Department of Correction : Ce split s'est fait parce qu'on a rencontré le batteur à deux ou trois reprises en tournée avec son side-project PLF, mais hélas ils enregistraient déjà un split et n'étaient donc pas intéressés. Par contre, il voulait bien en faire un avec Noisear ! Et donc le vinyle est sorti l'an passé mais je viens juste de recevoir les versions CD qui contiennent quelques titres en plus.

 

KOTL : Au sein de vos compos j'ai remarqué pas mal d'influences, ce qui n'est pas forcément une généralité chez tous les groupes de Grind ! Y'a du Black, du Death, des passages plus mélodiques ou plus groovy. Est-ce qu'il y a des groupes qui semblent t'influencer plus que d'autres pour la compo ?

 

Department of Correction : Je sais pas trop répondre à cette question pour être franc... Y'a bien des classiques comme Pig Destroyer ou Napalm Death, mais sinon je vois pas... Enfin pour le côté néo-classique y'a bien Mozart ou Bach... (Rires)

 

KOTL : J'ai deux évènements pour toi, qui à mon sens ont marqué la scène Grind, tu vas me dire ce que tu en as pensé. En premier lieu, en 2011, le décès de Seth Putnam, leader d'Anal Cunt.

 

Department of Correction : Hmmm... J'écoutais pas mal sa musique avant, j'aimais beaucoup, mais c'est vrai qu'à côté de ça je ne le connais pas en temps que personne... Bon dans l'absolu ça fait toujours chier quelqu'un qui claque, mais j'ai été bien plus affecté par la mort de Mieszko Talarczyk en 2004, le leader de Nasum.

 

KOTL : En 2012, le split des vétérans du Grind Français, Desecrator...

 

Department of Correction : Ah ça oui carrément ! Cedreek, le chanteur est quelqu'un que je connais très bien, avec qui j'ai été amené à bosser souvent. Leur musique était excellente, j'ai eu l'occasion de les voir assez souvent, et ça manque. Les anciens de la scène Parisienne !

 

KOTL : Des sorties d'albums qui vous ont branché récemment ?

 

Department of Correction : Le dernier Rotten Sound, enfin même les deux derniers, Pig Destroyer, ou encore Magrudergrind, bien fat, vraiment excellent.

 

KOTL : Un mot sur chaque groupe qui partage l'affiche avec vous ce soir ? 

 

Department of Correction : Kleszcz, je connaissais pas du tout. Mais là, j'ai vu ce qu'ils faisaient un peu ça avait l'air assez brutal ! Injuria c'est assez délire, je les connais depuis longtemps, j'aime bien ! Department of Correction c'est la classe américaine, et Strong Intention j'ai vraiment beaucoup, c'est du Thrash Grind qui existe depuis plus de vingt ans !

 

KOTL : Un mot sur la date de ce soir globalement ?

 

Department of Correction : Bien on espère y faire beaucoup d'argent, parce que ça va être la première occasion pour nous de vendre notre nouveau CD, on retrouve les vieux potes, de nouvelles têtes, ça fait du bien d'être à la maison !

 

KOTL : On vous laisse le mot de la fin.

 

Department of Correction : Dépéchez-vous de venir on joue dans cinq minutes !

Par Willow,

le 02.10.2013