Le Metal et le grand public en 2015

le metal vu pas le grand public en 2015


On peut dire ce qu'on veut, la sphère Metal bouillonne ces dernières années. Entre le développement des médias, des festivals et la grande activité des groupes (nouveaux ou non), il est intéressant de se pencher sur le rayonnement que peut avoir la musique Metal au-delà des métalleux... Et son impact sur la sphère-normale-des-gens-normaux.


Avant toute chose, il faut savoir une chose : Les norm's ne s'intéressent pas particulièrement au Metal. Leur vision et leur point de vue va très généralement de paire avec ce qu'on va leur en dire ou leur suggérer. On prend donc quelqu'un qui s'en fout et on le travaille.


Cette vision colle donc avec un message, transmit par les médias ou le courant culturel général... Souvent encore porté par les marques. On va donc s'intéresser à la façon dont le Metal est relayée par celles-ci et le message qui l'accompagne.

Dans les médias, le calme plat

Cela fait quelques temps qu'on a pas eu de reportage anxiogène et orienté sur la musique Metal. Capital et Enquête Exclusive semblent se tourner vers d'autres sujets et aucun fait divers sanglant ou autre polémique n'ont attiré le journaliste depuis des lustres.Les associations anti-Hellfest brasse de l'air dans le vide, cherchant eux aussi désespérément un point d'accroche qui pourrait les relancer au cœur de l'actualité.


En fait, le peu de communication de masse tournée vers le Metal est aujourd'hui plutôt positive. Tant mieux, mais pas de com du tout est encore mieux. Non ? Allez, si on y pense...

Dans la pub rien de nouveau : Le Metal c'est mal

Dans la publicité, le Metal est un peu plus présent ces dernières années qu’il ne l’a été. Et on ne parle pas ici uniquement de la pub étrangère pour les pastilles pour la gorge (qui commence à dater d’ailleurs) mais bel et bien de messages diffusés sur les chaînes francophones. Toutefois, le Metal est encore aujourd’hui considéré comme du bruit. Elle va être employée sois comme musique insupportable écoutée par un ado, soit comme le fond sonore d’une situation désagréable, stressante. Bref, celle qu’on ne veut pas vivre.


Vous l’aurez donc comprit, on est pas prêt de vendre la nouvelle Twingo sur fond de Decapitated.


Rien de nouveau donc à ce niveau, car c'est quasiment toujours ainsi qu'il est utilisé en France. On trouve quelques coups d'éclats sympathique dans des publicités étrangères (qui font généralement le tour de la sphère Metal), mais chez nous la progression est... encore à faire. 


Ici, le Metal est angoissant, stressant et semble se manifester de lui-même chez des gens qui n'ont pas la bonne installation domotique. Les cons...


Ici, les métalleux (les Hardcoreux ?) sont de mauvais conducteurs... Qui doivent donc payer un plein d'essence aux gens ennuyeux à mourir, parce que c'est bien normal.


Ici, le gros son Metal est ta punition si tu mords la ligne blanche en conduisant.

(Oui, on roulerait tous au  milieu de la route si c'était le cas).

Marques grand public : Il y a comme un trouble dans la Force

Les grandes marques vont là où il y a matière à faire de l'argent, sans se poser plus de questions. Ici, le grand danger est avant tout le créateur de tendance, puisque ce dernier va lancer un courant et le pomper jusqu'à ce qu'il n'y ai plus rien à en tirer (le vilain). Justement, ces derniers se penchent sur le Metal.


Le prêt à porter est à même de créer des tendances de masse, c'est son fond de commerce. D'autres encore arrivent là ou on ne les attendait pas : Les cosmétiques.


Du Metal chez Sephora ? Et oui ! Mais quel est le rapport entre le contrôle de ses paillettes (important) et le Heavy ?
Du Metal chez Sephora ? Et oui ! Mais quel est le rapport entre le contrôle de ses paillettes (important) et le Heavy ?

Le message est ici clair : les marques grand public intègrent le Metal dans une stratégie visant à en pomper tous les codes pour faire de l’argent. Un vrai problème si ça commence à plaire.

 

Côté prêt à porter, H&M et Diesel sentent également ce vent venir et ont sorti cette année leurs vestes et pantalons à patch avec logos de groupes fictifs directement cousus dessus.


Cela a fait beaucoup de bruit dans la sphère Metal et si l’idée même d’imiter les logos des groupes pour éviter de payer des droits et franchement mesquine, c'est également révélateur d’une chose : La culture Metal en elle-même n’intéresse personne. On pompe le visuel, on jette le reste. Trop compliqué de se pencher dessus.


H&M n'est pas seul ! Pour 260€, devenez l'acquéreur de cette veste à patch Diesel... Sans groupes ayant existé ! !
H&M n'est pas seul ! Pour 260€, devenez l'acquéreur de cette veste à patch Diesel... Sans groupes ayant existé ! !
Au-delà du fait que pour ce prix on peut largement se la faire soit-même et se payer un ou deux concerts... Franchement, tu les aurais cousus ainsi toi ?
Au-delà du fait que pour ce prix on peut largement se la faire soit-même et se payer un ou deux concerts... Franchement, tu les aurais cousus ainsi toi ?

Ce coup d'essai de deux marques de prêt à porter à l'impact pourtant fort ne semble pas avoir fonctionné. Les collections sont déjà soldées et s'il est arrivé de tomber dessus dans la rue, on n'en a tout de même pas croisé des masses dans la rue. Toutefois, rien ne dit que la mode ne va pas décoller ou que ces marques ne vont pas persévérer... Ou se voir rejointe dans cette mode par d'autres, comme ça l'a été pour le Perfecto par exemple, que Diesel a relancé bien avant les autres.

 

Jusqu'ici, le Metal était pour le grand public un mouvement beaucoup trop obscur pour en voler les codes, ne serait-ce que vestimentaires. Mais ces deux marques brisent ici cette idée en envoyant le message que n'importe quel plouc peut porter une kutte sans complexe... Parce qu'on est dans un pays libre et que blablabla...

Pour ce qui nous intéresse

Dans sa tendance de fond, le Metal est devenu une curiosité. Quelque chose qu’on va vivre comme une expérience amusante, en allant voir AC/DC au Stade de France ou au Hellfest en prenant en photo la déco et en pointant du doigt celui dont le look est particulièrement marqué.


Les métalleux ne sont pas méchants, on peut donc s’en approcher sans avoir (trop) peur. Un peu comme d’un animal qu’on pensait agressif jusqu’à ce qu’on s’en approche.


La dérive est proche (elle a même déjà commencé) et dans cette spirale il faut savoir garder la tête froide. Oui, le spectre des années 2000 a marqué les plus de trente ans et il va falloir à nouveau s’armer de patience ET resserrer les rangs car les conséquences peuvent être éprouvantes :


. Poursuite à la hausse des prix des concerts (surtout pour les vieux et/ou gros groupes),
. Utilisation et détournement des codes Metal (vestimentaires, symboliques, etc.),
. Peur des détracteurs qui, voyant un développement de ce qu’ils considèrent comme une menace, vont plus que jamais nous rentrer dans le lard.


Bref, de belles perspectives n’est-ce pas ?


Mais bon, c’est le côté noir du tableau ! Le côté positif sera peut-être un développement de la culture Metal comme jamais auparavant, ce qui ne pourra que réjouir les chevelus que nous sommes. Il faudra simplement veiller à conserver un maximum d’authenticité, surtout de la part des Médias, dont nous faisons partie.

 

par Wilhem
le 03/11/2015