Les clichés sur le Metal sont utiles !

culture metal : les clichés

 

Pendant longtemps, les clichés et idées reçues ont entouré la sphère Metal, ses groupes et ses fans. Mais avec 30 ans de recul, n'est-ce pas une bonne chose ?


Comme chaque année, une nouvelle pétition Anti-Hellfest est arrivée pour cette édition 2014. Cette dernière, particulièrement bien décryptée par Ouest-France, nous rappelle à notre condition de chevelu avec cette grande véritée : Les clichés et idées reçues sont légions autour de la sphère Metal.

 

Ces raccourcis faciles, détournement, exagérations et sur-interprétations gravitent autour de notre style musical compressé tels des satellites depuis plus de 30 ans. Encore aujourd'hui, ils viennent s'y écraser régulièrement en profitant d’évènements particuliers (Hellfest, l’affaire Varg, etc.).

 

Les polémiques sont souvent de nature différentes, mais rassemblent toutes une idée similaire : Les métalleux sont une espèce à part.


En effet, une personne appartenant à « La-sphère-normale-des-gens-normaux » a vite l’impression que les métalleux vivent entre eux, sortent entre eux, mangent entre eux, ont des endroits bien à eux bref : Vivent un quotidien à part dans un autre univers - la sphère Metal.

 

La sphère Metal, un monde parallèle ?


Les métalleux ont évidemment leurs groupes et leurs concerts, mais aussi leurs festivals , leurs bars [à Paris comme ailleurs], leurs émissions télé ou web [de l’énorme TV à 2guys1tv], leur style vestimentaire, leurs boissons [le Jack’], leurs instruments de musique et une tripotée de marques sont là pour les satisfaire sur ces segments. Mais ils ont également leur comportement social, leur vocabulaire, leurs traditions et leurs private-jokes.


Le Metal est donc une sphère qui, si elle mord celle du grand public sur plusieurs aspects, en reste bel et bien dissociée. C’est dans ses gènes, le Metal est à ses origines une contre-culture, devenue une culture à part entière et relativement épargnée par le nivellement par le bas d'une exposition au grand public.


Les médias généralistes, voulant vulgariser à outrance, réalisent des raccourcis à la fois hasardeux et exagérés. Ils donnent ainsi de manière artificielle une dimension encore plus importante à cette sphère. Elle devient une sorte d’autre planète peuplée d’extraterrestres aux coutumes exotiques et dérangeantes, où personne n’est le bienvenu.
Tout métalleux qui se respecte comprendra l’énormité de cette erreur, qui oblige chacun à se battre contre les idées reçues de type « les métalleux mangent des enfants ».


Le fait est que le Metal a su se développer en tant que courant musical et culturel de façon assez originale. En effet, si les années 80 puis les années 2000 ont été deux pics de forte popularité de la musique Metal  (souvent à grand coup d’édulcorants), le fait est que notre style musical préféré n’a jamais eu réellement besoin de ça pour tailler la route. D'ailleurs les polémiques autour de son imagerie (parfois un peu limite il faut l’admettre), n’a jamais eu d’impact concrètement négatif sur cette dernière.

 

Pourquoi ?

Parce que les métalleux sont des pingouins

Les métalleux sont comme des pingouins, ils savent resserrer les rangs quand il le faut et se montrent unis et solidaires par gros temps.

 

Nous avons conscience de l’image de la musique Metal aux yeux du grand public. C'est d'ailleurs en partie ce qui nous plaît quand on a 15 ans. Mais aujourd'hui, nous n’y prêtons que fort peu attention.
Par contre, si un reportage va trop loin dans les clichés et les salissures, on verra des initiatives se créer telles que la pétition suite au reportage de Zone Interdite sur le Hellfest, pour remettre les choses en ordre. Une bonne chose.


Mais ces détournements et clichés qui ont fait les grandes années des « reportages d’investigation » (ah ah !) touche doucement à sa fin. Cette pétition en est également un exemple. Les Nouveaux Moyens de Communication ont permis de remettre les choses en ordre et une certaine bienveillance (qui atteint vite ses limites, on est d’accord) entoure les métalleux d’aujourd’hui. La réaction de Ouest-France à cette pétition anti-Hellfest 2014 en est un bon exemple.

 

On ne peut plus "aller trop loin" dans la connerie autour de la sphère Metal, c'est fini.

 

Toutefois, il y a une conséquence dont on mesure l’ampleur aujourd’hui :

 

C’est cette vision effrayée du grand public qui a créé la sphère Metal telle qu'elle est

 C’est amusant et au final on peut s’en féliciter !

 

Les métalleux se contrefoutent aujourd'hui d'être catalogués, rangés dans des cases ou considérés comme des gens "à part". Pourquoi ? Parce que ça a toujours été le cas. Ils ont donc développé leur propre culture et univers de manière très indépendante. Un peu comme les motorcycles clubs après la guerre du vietnam aux USA (les gangs et le trafic d'armes en moins).

 

Sanchant qu'il ne fallait rien attendre des autres, la communauté Metal s'est retroussée les manches. Les labels ont produit de manière indépendante, les groupes ont écumé les petites salles, les fans se sont bougés pour aller dans celles-ci. Voilà pourquoi nous avons aujourd'hui plétore d'acteurs et de structures formidables qui fonctionnent.


Alors oui, les groupes rament car ils sont trop vite catalogués. L'argent ne coule pas (ou plus) à flot dans le Metal. Les initiatives musicales de type concert indé ou festivals en sont également victimes et le monde est bien plus beau lorsqu’on est aimé de tous et que des regards émerveillés se posent sur nous.

 

Mais ce n’est pas ça, le Metal n’est-ce pas ?


Les métalleux ont gardé les rangs serrés et c’est ce sentiment quasi familial qu’on retrouve en concert. Voilà pourquoi il y a des bars Metal fréquentés par quasi que des métalleux et des amateurs de rock et de roll, des boissons immédiatement connotés Metal, un style vestimentaires très marqué, des marques de guitares spécifiques, des émissions de télévision et une flopée d’initiatives remarquables sur le web et ailleurs 100% dédiées à notre style musical et très souvent de qualité.

 

Et si d’autres styles peuvent se vanter d’avoir des choses similaires, c’est loin d’être aussi développé que dans la sphère Metal… à moins d’être tombé dans le mainstream édulcoré comme ça peut l’être dans le Hip Hop ou l’électro. 


Alors félicitons-nous d’avoir été si longtemps une « espèce à part », car c’est ça qui a permi de créer cet univers aussi riche qu’est la sphère Metal aujourd’hui. Ouvrons-nous aux autres tout en restant fidèles à ce qui fait le Metal. Alors nous pourrons nous réjouir  d'accueillir des hordes de nouveaux fans de musique compressée. Le reste est à oublier.

 

le 06/06/2014
Par Wilhem