Il ne faut pas se le cacher, l’affiche manquait un peu de mordant cette année et les têtes de gondole du festival n’ont pas toutes été à la hauteur de nos attentes. Moins de dilemmes que les années précédentes pour aller voir tel ou tel groupe. Il faut avouer aussi pour les habitués, qu’au fil des années, on commence à revoir les mêmes têtes… (sixième passage de Slayer au Hellfest par exemple).

A Killer On The Loose, on prend soin de vous et on s’est littéralement coupés en quatre pour vous faire un maximum de live report des groupes de ce fest. Vous pourrez aussi écouter en podcast l’émission live report du Hellfest 2017 et la chronique du créateur sur le sujet. En attendant on vous fait un petit condensé, histoire de vous mettre un peu dans l’ambiance.

 

Clairement cette année, la tête d’affiche qui a tout emporté sur son passage, c’est Prophets of Rage. Tom Morello et sa team sont les grands vainqueurs du weekend. Un show d’une énergie incroyable, une envie d’en découdre et de donner le meilleur dans une ambiance survoltée. Merci les mecs ! 

L’autre grosse claque du fest, c’est la prestation dingue de Coroner qui renvoie à leurs études tous les groupes de métal extrême. Performance hallucinante. Le techno thrash des suisses atteint la perfection. Mention spéciale à TRUST qui délivre un set carré et bien hard rock  et qui lui aussi en remontre à tous les petits jeunes. 

 

On aura aussi pris un pied de dingue avec Ugly Kid Joe et les dingues de Steel Panther. Queensryche nous a éclaboussé de sa classe metal prog unique et Devin Townsend a prouvé qu’il était un extra terrestre avec un show dépouillé et tellement puissant. On n’oubliera pas Pain Of Salvation qui nous a offert un voyage métallique et mélancolique.

 

Déçus par Deep Purple dont la prestation en demi teinte sent la fin de carrière. Rob Zombie n’a pas démérité mais nous délivre un show lambda alors qu’on nous avait promis un Las Vegas métallique sur scène.

 

On ne parlera même pas des truands de Linkin Park qui s’en sortent avec un zéro pointé tant leur prestation était carrément hors sujet dans le cadre d’un festival métal. On souhaitera aussi rapidement oublier les prestations fadasses de The Treatment et Motionless In White.

 

En revenant de Nantes… Conclusion 2017

 

 

 

Après une édition 2016 remarquable mais entachée de problèmes de circulation qui ont un peu gâté notre plaisir, Ben Barbaud et son équipe se devaient de rectifier le tir pour cette douzième édition. Force est de constater que le pari est réussi et ce Hellfest 2017 ne souffre d’aucun défaut d’organisation. Cependant il manque de peu la mention Parfait à cause d’une affiche moins intéressante.

 

La team Hellfest se hisse tout doucement mais surement au dessus du lot des festivals européens en cherchant constamment à offrir le meilleur à ses spectateurs. Certains crient au scandale sur les réseaux sociaux en s’insurgeant que le Hellfest est devenu une grosse machine. Oui c’est vrai, mais il n’a pas perdu son âme et reste avant tout un rendez vous d’amateurs de musique conçu par des amoureux de la musique.

 

Pour terminer, une dédicace spéciale à tous les bénévoles qui n’ont jamais perdu leur bonne humeur et leur sourire pendant trois jours. Un big up aussi aux gars de la sécurité qui ont inlassablement récupéré les slammers du matin au soir sans rechigner et aux petits gars qui nous ont arrosé pendant qu’on cuisait devant les mainstages. Merci !

 

Cette année encore, le Hellfest est reçu haut la main avec la mention très bien. Merci et à l’année prochaine !

 

 

 

 

LIVE REPORT HELLFEST 2017: LES GROUPES

 

JOURNEE DU VENDREDI

 

 

 

AVATAR (Mainstage 1) : En se promenant sur le site, on remarque un nombre conséquent de festivaliers qui arborent des t-shirts du groupe Avatar. On s’attend à voir des géants bleus sortis d’un film de James Cameron sur scène, mais on se retrouve avec des suédois en uniforme rouge et jaune. Les mecs envoient un heavy metal saupoudré d’extrême qui part dans tous les sens. Ils sont motivés et ne ménagent pas leurs efforts pour faire bouger la foule. Cependant, un peu trop théâtral et inutilement bavard pour remporter l’adhésion totale du public. Sympathique quand même.

 

TYR (Temple) : Le viking metal très folklorique des suédois de TYR reste assez hermétique pour un non initié. Même si c’est bien joué, il faut avouer que c’est assez ennuyeux… On ne s’y attardera pas…

 

QUEENSRYCHE (Mainstage 2) : Malgré les démêlées juridiques ridicules qui ont émaillé l’histoire récente du groupe, on est heureux de d’assister à un concert des légendaires Queensryche. Un peu inquiet aussi… car le dernier album en date n’est pas extraordinaire et on ne sait pas trop ce que ça donne en live depuis le départ du frontman original Geoff Tate.  Au final, on peut avancer qu’il est vocalement bien remplacé par le petit nouveau Todd La Torre. On est scotché par la prestation du groupe qui offre un métal progressif de haute volée et un des meilleurs concerts du weekend. Les musiciens enchainent les tubes pour notre plus grand plaisir. Le seul bémol… on en aurait repris encore un peu plus…

 

DEVIN TOWNSEND PROJECT (Mainstage 1) : On ne va pas y aller par quatre chemins, le génie musical canadien nos offre une prestation fantastique. Il est entouré d’un groupe qui donne vie à son univers barré de manière incroyable. Le show est dépouillé et les mecs n’en font pas des caisses. La priorité c’est la musique. Assister à un concert de Devin Townsend, c’est participer à une plongée en apnée dans son esprit torturé. En 2017, la musique de DTP est une symbiose de tous les styles qu’a empruntés la carrière du chanteur guitariste. C’est à la fois violent et hyper puissant comme pouvait l’être Strapping Young Lad, tout en étant planant et complexe qu’Ocean Machine et barré comme son Ziltoid ! Mention spéciale de ce concert au morceau « Kingdom » qui est une pure tuerie. Alors pour être complètement honnête, Devin Townsend Project laissera quelques  festivaliers sur le carreau, certains souhaitant plutôt voir une musique plus directe en cette chaude après midi du vendredi. 

 

 

 

POWERWOLF (Mainstage 2) : Encore sonnés par la prestation hallucinante de DTP, on se tourne vers la mainstage 2 pour assister au show très théâtral des allemands de Powerwolf qui nous balancent un power métal teuton liturgique. On a l’impression d’assister à une messe funèbre dirigée par un prêtre possédé par un démon. Le public est beaucoup sollicité par le chanteur sur les refrains (« quand je crie Oh !, vous criez Ah ! »). Le spectacle est sympathique et festif. Avec une bière dans la main, ca passe comme une lettre à la poste.

 

MINISTRY (Mainstage 1) : Là ça ne rigole plus. Le groupe d’Al Jourgensen nous emmène d’entrée dans son combat antifasciste et anti Donald Trump. Ca envoie grave. La rythmique est hyper martiale et le son est énorme. Pas de doute c’est un concert de métal Indus. Derrière le groupe, un écran diffuse des images d’une Amérique gangrénée par l’argent et son président. Avec Ministry, tout est politique. Puissant et étouffant.

 

CORVUS CORAX (Temple) : Les teutons nous balancent un folk métal médiéval plus folk que métal il faut l’avouer. C’est assez répétitif et au final, si on n’entre pas dans le délire moyenâgeux, on finit par s’ennuyer inexorablement. Si par contre, on adhère à cette musique heavy mâtinée d’instruments traditionnels folkloriques, on passera un bon moment. A noter que le groupe termine par une belle reprise du générique de la série Game Of Thrones. Gros succès sous la Temple.

 

BARONESS (Valley) : Un groupe qui débute son set par la musique de Conan le Barbare ne mérite que tout notre respect ! Plus sérieusement, les ricains balancent un hard rock stoner de grande classe. Contrairement à la plupart des autres groupes du même genre,  Baroness ne sature pas sa musique de basse mais opte pour un son plus pop et hard qui privilégie la mélodie. Cette particularité en fait un groupe à part qui mérite toute notre attention. Excellent concert pour ceux qui ont réussi à rentrer sous une tente bondée.

 

CRYPTOPSY (Altar) : Brutal. Très brutal. Le son est tellement fort qu’on ne fera qu’un petit passage. Juste assez de temps pour se rendre compte que le chanteur imite à la perfection le cri d’un cochon qu’on égorge mais pas assez pour se rendre compte de la technicité dont fait preuve le groupe sur album. D’ailleurs, l’Altar se vide tout doucement pour fuir le déluge sonique destructeur.

 

LES RAMONEURS DE MENHIRS (Warzone) : effrayés par le volume sonore inhumain venant du concert de Cryptopsy, nous nous réfugions vers la Warzone pour bouger notre popotin au rythme du punk celtique des Ramoneurs de menhirs.

Ambiance biniou, bombarde et guitare électrique au programme. Pour faire encore plus de bruit, les ramoneurs ont pris avec eux le baggad de Kemperlé. C’est joyeux et festif et ça fait l’affaire pour un début de soirée. Pas transcendant, à condition d’être un aficionado de la musique bretonne…

 

DEEP PURPLE (Mainstage 1) : Même si le temps du live Made In Japan est désormais bien loin, les papys du Hard Rock en ont encore un peu sous le pied et nous délivrent un set de classic rock plutôt bien foutu. Même si ça ronronne un peu (il faut avouer que le chanteur Ian Gillian n’est plus en grande forme et fait le strict minimum), les tubes s’enchainent sans déplaisir. On notera des soli un peu longs, notamment celui du claviériste Don Airey qui part dans tous les sens. Au final, c’est encore pas mal, mais ça sent l’avoine pour Deep Purple quand même…

 

 

 

SABATON (Mainstage 2) : Sabaton c’est ambiance bidasses en folie. La scène ressemble à une armurerie géante au milieu de laquelle trône  un char de combat géant sur lequel est posée la batterie. Les hymnes guerriers s’enchainent sans temps mort les uns derrière les autres. Le public répond positivement au power metal des suédois qui lorgne beaucoup du coté d’Accept. Le chanteur fait participer la foule et transforme rapidement la mainstage en une chorale qui hurle des oh ! et des ah ! C’est efficace mais sans originalité et on finit par s’ennuyer devant ces rythmiques basiques et tous ces clichés. On notera quand même la belle prestation du chanteur de Kryzzees, gagnant d’un concours, venu interpréter un morceau avec le groupe.

 

MONSTER MAGNET (Valley) : C’est sous une tente surchauffée que Monster Magnet livre un set heavy et hyper planant. Dave Wyndorff est en grande forme du haut de ses 60 ans. Il arpente sans relâche la scène enfumée et envoute le public avec sa voix hypnotique. Les chansons s’enchainent à vitesse grand V. Sur l’écran en fond de scène,  on a droit à des bandes annonces de films d’exploitation des seventies, des extraits d’Apocalypse Now et des vidéos de guerres nucléaires. Le set se conclut sur un « Space Lord » d’anthologie interminable. Un très bon concert avec un petit bémol : un chouia trop de réverbération sur le chant et les instruments. 

 

RANCID (Warzone) : Mélange original de punk, de rock n’roll et de rockabilly mâtiné d’influences reggae, c’est toujours un plaisir d’assister à un concert de Rancid. La bonne humeur est au rendez vous ! Les brulots punks déboulent à la vitesse de la lumière. On s’enquillera plus de 20 morceaux en une heure d’ailleurs. « dead bodies », « telegraph », « ghost of chance », « time bomb », « ruby soho »… j’en passe et des meilleurs. Là  ou tout le monde ne jure que par Green Day sur le revival ricain du punk rock des années 90, il faut absolument réhabiliter Rancid qui ne s’est jamais dépareillé de son attitude je m’en foutiste et géniale.

 

ROB ZOMBIE (Mainstage 1) : On nous a fait miroiter un show à l’américaine pour le concert de Rob Zombie mais finalement ce sera plutôt sobre au niveau de la mise en scène. En revanche, coté lights, ce sera Las Vegas. Le Rob est plutôt en voix ce soir et nous livre une belle prestation un peu bordélique comme toujours. Au rayon des habituelles reprises, on aura droit notamment à deux belles versions courtes de « Blitzkrieg bop » des Ramones et « School’s Out » d’alice Cooper. Les musiciens qui l’accompagnent sont excellents et retranscrivent à merveille l’esprit des albums. John5 le guitariste et Piggy D. le bassiste nous offrent pour le plaisir des yeux un festival de beaux instruments qu’ils changent quasiment à chaque morceau.

 

THE DAMNED (Warzone) : C’est un plaisir de retrouver sur une scène française les mythiques anglais de The Damned. Et ce soir on n’est pas déçu. Le fantasque Captain Sensible à la guitare et le dandy rock n’ roll Dave Vinian au chant nous livrent un concert qui clôt cette première journée du Hellfest cuvée 2017 en toute beauté. S’ils ont débuté aux cotés des Sex Pistols, The Damned ne joue pas une musique purement punk rock. Au fil du temps ils ont développé un cocktail unique qui se nourrit de rock n’roll, de hard rock, de gothique et de pop, tout en gardant une énergie et un esprit punk seventies.  Show de grande classe ce soir. Merci les mecs. Seule déception… la Warzone n’était pas entièrement pleine… Mais ceux qui ont fait l’effort de venir pour les découvrir ont été étourdis et positivement surpris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JOURNEE DU SAMEDI

 

 

 

IGORRR (Temple) : Igorrr restera la découverte la plus originale de l’édition 2017 du Hellfest. Un DJ accompagné d’une chanteuse lyrique, d’un hurleur black/death d’un batteur. Ce n’est pas de la synthwave, Igorrr n’est pas passéiste et regarde vers l’avenir : c’est du metal c’est sûr et ca part dans tous les sens en étant jamais ennuyeux. L’apport d’un vrai batteur donne un petit supplément d’âme. Dans un premier temps, on est assez désarçonné par les sonorités assez inhabituelles d’une musique ou la rythmique du métal extrême copule avec des sonorités classiques de clavecin ou de bandonéon. Les musiciens se complètent à merveille en nous offrant un show assez détonnant qui ne laisse personne indifférent.

 

THE TREATMENT (Mainstage 2) : Alors voilà… On se pose des questions parfois. Comment est-il possible que ce groupe soit si haut sur l’affiche alors qu’il y a des groupes infiniment meilleurs et originaux qui ont joué entre 10h 30 et 13h sur les mainstages. Incompréhensible. Pour résumer, en essayant de rester le plus objectif possible, The Treatment est un groupe qui recycle les recettes du classic hard sans originalité. C’est poussif et forcé. Ca mouline les recettes du hard des eighties sans en comprendre la substance. Encore moins original que les tacherons d’Airbourne. Encéphalogramme plat. Amateurs de hard rock qui suinte, passez votre chemin…

 

UGLY KID JOE (Mainstage 1) : Quand les californiens skateurs d’Ugly Kid Joe débarquent sur la mainstage, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. L’histoire du groupe a été assez chaotique et on ne sait pas à quelle sauce on va être métallisé… Et d’entrée on n’est pas déçu !!! Les cheveux des musiciens sont plus courts mais on retrouve les sensations originales ! Au programme heavy metal, fun et bonne humeur ! Le chanteur Whitfield Crane, toujours sapé comme un skateur chante à la perfection et se pose en vrai frontman. Il fait jumper tout le public qui ne demandait que ça après le fiasco de The Treatment ! Les tubes s’enchainent jusqu’au hit classique final « everything about you » qui achève une prestation de grande classe avec des musiciens aussi doués que sans prétention. Fantastique et fun !

 

PRETTY MAIDS (Mainstage 2) : Même si les danois nous offrent une prestation de qualité, il faut être honnête et avouer que la musique de Pretty Maids a un peu vieilli… les musiciens aussi. La voix du chanteur Ronnie Atkins a perdu de sa superbe même s’il ne ménage pas ses efforts pour faire bouger la foule. Au final le concert est plutôt bon mais on a du mal à complètement adhérer. Un bon concert mais pas une prestation inoubliable.

 

 

 

STEEL PANTHER (Mainstage 1) : Là c’est du lourd ! Steel Panther c’est juste du bonheur à l’état pur. Un gros plaisir coupable qui parodie à la perfection l’esprit Hair metal des eighties. Constitué de musiciens hyper doués qui ont en font des caisses pour notre plus grand plaisir, on a droit à une prestation hilarante qui n’oublie jamais de nous envoyer des tubes heavy et hard de grande classe ! Pour ceux qui ne connaissent pas, Steel Panther est un groupe qui mixe musique et stand up improvisé avec un humour toujours au dessous de la ceinture… Le second degré est complètement assumé et tellement outrancier qu’on ne peut pas le prendre au sérieux une seconde. Les filles sont déchainées et se bousculent pour monter sur scène ! On assiste à un festival de « boobies » assez what the fuck ! Le concert est complètement dingue et reste un des moments forts de ce Hellfest 2017 ! Même si ceux qui ne comprennent pas l’anglais restent un peu sur le carreau, ils profitent des chansons tubesques ! Un grand moment jouissif de n’importe quoi ! 

 

TRUST (Mainstage 1) : Après un rendez vous manqué au Hellfest 2011 en tête d’affiche, on retrouve Bernie et Nono, les légendaires frères ennemis du hard hexagonal, pour une petite heure de concert. N’y allons pas par quatre chemins, cette petite heure sera un pur concentré de hard rock de haute volée.

Pour cette nouvelle tournée, le groupe a été en partie remanié.  Trust a eu la bonne idée de prendre dans ses rangs un deuxième guitariste. Cet ajout permet à Nono de faire le show et donne à la musique un coté bien plus heavy. Bernie est en forme et enchaine les tubes. Il communique avec le public mais ne se perd pas en diatribes stériles. Coté public, c’est l’adhésion totale jusqu’au final « Antisocial » scandé si fort par la foule que le refrain a dû être entendu jusqu'à Nantes !  Nos vieux cœurs de métalleux sont heureux. Merci les gars. Après ce concert, on repense à cette tête d’affiche de 2011 mystérieusement annulée par le groupe et on se dit que ce rendez vous manqué aurait pu être un pinacle de leur carrière… Mais séchons nos larmes. Voir Trust jouer sur la mainstage aujourd’hui devant 50 000 personnes, c’est déjà un bonheur et une satisfaction énorme. Seul regret, 1 heure c’est court et il manquait des classiques à l’appel…

 

PAIN OF SALVATION (Altar) : Pain Of Salvation est une formation musicale à part dans le landernau du métal progressif et même dans le milieu du métal en général. Les suédois réussissent à enfanter une musique très technique qui est toujours pleine d’émotions. Le concert est juste parfait. Le groupe nous emmène dans un maelstrom métallique mélancolique. Plus rien n’existe autour de nous que ces chansons d’une subtilité sans pareille. La technicité musicale n’est pas un artefact stérile pour impressionner le public, elle est le véhicule du voyage émotionnel que nous offre Pain Of Salvation. La voix sublime de Daniel Gildenlow se fait tour à tour caressante, vindicative, triste et joyeuse. Ce moment suspendu de bonheur s’achève et laisse un sourire béat sur les spectateurs. Un des grands moments de cette édition 2017.

 

PRIMUS (Valley) : la tente est bondée pour accueillir les cultissimes Primus et leur génial bassiste Les Claypool en tête. Et c’est parti pour un show étrange et barré d’une heure qui fait copuler heavy metal, jazz et plein d’autres genres pour un résultat indescriptible que n’aurait pas renié ce malade de Frank Zappa. Si le show est excellent et nous offre de la virtuosité et de l’originalité à revendre, coté communication c’est une autre affaire. Le trio ne communique quasiment pas. Pas de bonjour, pas d’au revoir, pas de merci. Les vidéos délirantes qui passent pendant le set finissent d’achever cette ambiance loufoque générale. Même si le concert est une réussite, le coté un peu hermétique du groupe et de sa musique barrée en laissera quelques uns sur le carreau.

 

 

AEROSMITH (Mainstage 1) : Là on attaque un des gros morceaux du weekend. Déjà présents en 2014, les Toxic Twins sont de retour en tête d’affiche pour le plus grand bonheur des amateurs de big rock burné made in America. D’entrée ; ils enchainent directement avec une tripotée de tubes issus des albums Get a grip et Permanent Vacation : «young lust », « cryin », « love in an elevator », « janie ‘s got a gun », «livin on the edge ». Ca joue très bien et le son est parfait. Ensuite, après un  quart d’heure bluesy en diable où les musiciens font éclater leur talent sur deux reprises de Fleetwood Mac, on a droit à une ribambelle de classiques. Ce concert est juste un moment de bonheur. Mais… il y a un mais…

Quand sonnent les premières notes du magique « sweet emotions », on se dit justement que cette performance d’Aerosmith en manque… d’émotion… Les mecs assurent, pas une fausse note, le show est carré et super pro… Mais on ne sent pas vraiment une communion avec le public ce soir. Pour leur tournée d’adieu, on aurait pensé qu’ils nous gratifieraient d’un petit plus, un petit supplément d’âme…  Ca ne gâche pas le show de ce soir mais ça l’aurait rendu inoubliable. Les tubes s’enchainent à 100 à l’heure. De «mama kin » à « i dont want to miss a thing », en passant par « dude looks like à lady » et « dream on ». Au  final une belle performance mais on se dit qu’elle aurait pu être encore meilleure.

 

 

 

SUICIDAL TENDENCIES (Warzone) : Un petit tour du coté de la Warzone pour terminer cette journée en beauté avec les furieux de Suicidal Tendencies. Ne cherchez pas la finesse et la délicatesse ici mes amis, c’est hardcore à tous les étages. Le bulldog Mike Muir arpente la scène comme s’il avait la rage en balançant ses poings dans le vide à la manière d’un boxeur. Même si les musiciens ont tous pris du poids depuis leurs débuts, ils ont toujours envie d’en découdre et transforment vraiment la Warzone en zone de guerre ! Un beau bordel ! Au milieu de tout ça, on remarque d’entrée la frappe cataclysmique de la batterie ! Normal, derrière les futs officie le surdoué Dave Lombardo (Grip Inc. et Slayer pour ceux qui ne le connaitraient pas encore). Il donne une dynamique incroyable à tous les titres avec sa frappe hyper précise. Il se permet même de complexifier les parties de batterie sur certains morceaux ! Bref, ceux qui cherchaient à terminer cette soirée en mode « luxe, calme et volupté » en seront pour leurs frais. Brutal, primal et jouissif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JOURNEE DU DIMANCHE

 

 

 

MOTIONLESS IN WHITE (Mainstage 1) : Bon que dire du metalcore passe partout de Motionless In White ? Ça plait clairement aux plus jeunes dans l’assemblée qui ont l’air de connaître les paroles par cœur. Mais objectivement, Motionless In White est un best of autant visuel que musical des clichés éculés du métal des années 90 et 2000. Total look noir limite SM, visages maquillés façon Marylin Manson et tatouages par encore secs. Musicalement ça ressemble à un collage de riffs piochés un peu dans tous les styles. Au final, ça ne ressemble à rien. Sur scène on a juste droit à cinq poseurs qui se la pètent façon rockstars torturées. Malgré la chaleur accablante de ce dimanche, c’est la douche froide. Que fout ce groupe si haut sur l’affiche. Incompréhensible.

 

SKINDRED (MAINSTAGE 2) : A deux doigts de l’indigestion après le ratage de Motionless In White, on revit aux sonorités catchy et groovy des gallois de Skindred. Le mélange risqué de ragga, de punk et de métal  fait des merveilles. Au fil des titres, l’énergie communicative du chanteur Benji Webbe gagne un public pas forcément acquis à sa cause. Il se démène comme un diable pour faire jumper et participer la foule qui ne demande que ça. Les quarante petites minutes passent comme une lettre à la poste. 

 

BLACK STAR RIDERS (Mainstage 2) : Attention ! Avec les Black Star Riders on passe en mode hard rock de grande classe. Le groupe, né des cendres de l’incarnation la plus récente des mythiques Thin Lizzy, vient nous abreuver de gros son et de refrains. Ca joue très très bien et le chanteur Ricky Warwick est en forme ! Le guitariste Scott Gorham est un peu en retrait mais sait faire parler la poudre comme personne en twin guitars. Forcement les moments forts du set seront les deux reprises de Thin Lizzy, « boys are back in town » et « whisky in the jar », reprises en chœur par le public. Ce qui nous donne envie de revoir Thin Lizzy en live. Un excellent concert au final.

 

SANCTUARY (Altar) : Même si le groupe ne rencontre pas un succès considérable, c’est un événement pour tout fan de métal d’assister à un show de Sancturay. Pourquoi me direz-vous ? Et bien car le chanteur de ce groupe n’est autre que Warrel Dane, le frontman qui a œuvré dans un des meilleurs groupes de metal des années 90 et 2000 : Nevermore ! Alors même si on est excité de revoir Dane et sa voix si particulière derrière un micro, il faut avouer que la musique de Sanctuary est bien moins passionnante de définitive que celle de Nevermore.  Malgré tout, la musique est de qualité et les musiciens assurent dans un registre qui oscille entre le prog et le heavy metal. On regrettera juste un son de qualité moyenne qui manque de précision et gâchera certains morceaux.

 

 

 

PROPHETS OF RAGE (Mainstage 1) : Sans discussion possible, Prophets Of Rage est la grosse claque de cette édition 2017. Grosse sensation de ces derniers mois, le groupe cristallise toutes les attentes les plus folles… et ne déçoit pas ! On peut même dire qu’il explose les derniers doutes. Et pourquoi toute cette agitation ? Sur le papier Prophets Of Rage est un rêve éveillé : l’ossature musicale de Rage Against The Machine et au chant on retrouve Chuck D de Public Enemy accompagné de B.Real de Cypress Hill. On rajoute Dj lord de Public Enemy aux platines et on obtient un cocktail détonnant qui va foutre le feu à la mainstage devant plus de 50 000 festivaliers déchainés. Le concert est juste énorme ! Les musiciens sont dans une forme incroyable et assurent comme des bêtes. On sent Tom Morello heureux. Il joue les titres à la perfection. L’ambiance est tellement puissante que le medley purement  hip hop avec les deux chanteurs passera comme une lettre à la poste ! Il faut avouer que les deux rappeurs sont déchainés et se complètent à merveille en se partageant le chant sur toutes chansons. Difficile de faire ressortir un moment  fort tant ce show était incroyable. Moment d’émotion intense ou le groupe reprend « like a stone » d’Audioslave en hommage à Chris Cornell en version instrumentale  avec un micro vide au milieu de la scène. Poignant. Au final, difficile de faire ressortir un moment fort tant on a assisté à un concert d’anthologie qui a enchainé les morceaux de bravoure : « bulls on parade », « bombtrack », « killing in the name of », « unfuck the world », « fight the power », « how i could  just kill a man »… mythique !

 

FIVE FINGER DEATH PUNCH (Mainstage 2) : Difficile de passer après un tel cataclysme musical. Mais cela ne fait pas peur aux furieux de FFDP. Seule ombre au tableau et inquiétude avant le concert, le chanteur original Ivan a du quitter le groupe temporairement pour raison de surmenage du à certains excès opiacés… Il est remplacé au pied levé par Tommy Vext (chanteur de Divine Heresy). D’entrée on peut affirmer qu’on y perd en rage et en puissance. Même s’il assure au chant et est très sympathique, il ne possède pas la folie de son prédécesseur. Cependant le groupe livre un bon show. De « Burn motherfucker » à « got your six » les tubes s’enchainent avec plaisir. Au final, un bon show qui fait quand même regretter l’absence d’Ivan, qui faisait monter la température de plusieurs crans.

 

 

 

CORONER (Altar) : les suisses débarquent sur l’Altar et d’entrée ils nous explosent avec leur techno thrash qui reste toujours avant-gardiste et d’une classe exceptionnelle malgré le temps qui passe. Il faut savoir que Coroner n’a pas sorti de disque depuis 1993. Le son est juste énorme et le light show plonge la tente  dans une ambiance extra terrestre. Les trois musiciens ne sont pas très démonstratifs mais ils sont exceptionnels. Ils abattent un travail époustouflant qui ferait rougir de honte n’importe quel musicien de prog ou de musique hyper technique. Ils sont accompagnés d’un claviériste additionnel qui finit d’achever l’ambiance de fin du monde musicale. Les changements de rythme sont quasi inhumains sans que ça ne transforme la musique en bouillie sonore. C’est virtuose et maitrisé de bout en bout. Tout est parfait. Les titres s’enchainent sans faire retomber la pression. Pas de moment fort car tout le concert est un moment fort. Nous en voulons pour preuve les titres « metamorphosis », « semtex revolution » et « die by my hands », pour ne citer qu’eux. Coroner livre un show qu’il ne fallait manquer sous aucun prétexte Avec Prophets Of Rage dans un autre registre, le concert de Coroner est la deuxième claque de ce festival. Et dire que pendant ce temps, certains sont devant Linkin Park…

 

PERTURBATOR (Temple) : Annoncé comme l’ovni du festival, on tenait absolument à assister à la performance de Perturbator. Effectivement, on peut dire que le groupe (un dj et une console en tout et pour tout) porte bien son nom puisqu’on ressort assez perturbé de la prestation. Comme beaucoup de groupes de synthwave qui rencontrent un succès conséquent  ces derniers temps (Carpenter brut, Christine, Kavinsky, Zombi), perturbator a été traumatisé par la musique des films des années 80 (John Carpenter et Gorgio Moroder en tête) et aussi par Jean Michel Jarre. Perturbator délivre une musique électro nostalgique sur fond de rythmique groove technoïde et quasi martiale. On aurait aimé avoir un vrai musicien à la batterie ou un guitariste pour renforcer la puissance et donner un côté plus organique. Au final ce n’est pas une révélation ou une découverte mais plutôt une musique qui surfe sur un vague revival. Plaisant mais presque hors sujet dans le cadre d’un festival métal. Carpenter Brut ou Zombi auraient mieux fait l’affaire…