Live-report Hellfest 2016 : Les groupes

hellfest 2016 - Live-report

Ce Hellfest 2016 était physique pour qui avait un programme chargé niveau concert. On s’est parfois coupés en quatre pour vous satisfaire mais malheureusement, nous avons vu moins de groupes que les années précédentes. Des groupes clefs se chevauchant et une foule dantesque à traverser nous ont obligé à revoir nos ambitions à la baisse.  

 

Là ou précédemment on pouvait vous parler objectivement de quinze à vingt groupes dans une journée, la moyenne est tombée à une douzaine… Il a fallu faire des choix parfois dictés par la raison en calculant les temps de trajet… C’est avec regret qu’on ne vous parlera pas de certains groupes attendus car on ne les a pas vus ou pas assez longtemps pour se faire une idée juste… Mais dans ces live reports figurent nos coups de cœurs et nos coups de gueule parmi les 38 groupes que nous avons pu voir performer.

 

Article à lire en écoutant l'émission spéciale Live-report Hellfest 2016 ! 

 

VENDREDI

 

MASS HYSTERIA (MAINSTAGE 2)

 

Le premier concert donne souvent le La d’un Hellfest, n’ayant pu assister au concert du Bal des enragés pour cause de fouille prolongée à l’entrée du site c’est MASS HYSTERIA qui sera le premier d’une longue liste de concerts durant tout le weekend.  La foule des grands jours se presse devant la Mainstage 2, la réputation du groupe en live n’étant plus à faire et la promesse de battre le Wall of death de Dagoba en 2014 attise la curiosité de tous les furieux et furieuses que compte le festival. On compte devant la mainstage un public impressionnant pour un vendredi après-midi. 

10 morceaux joués en 50 minutes, de Chiens de la casse à Furia en passant par le pit avec P4, le groupe enchaîne les titres avec un plaisir non feint malgré un son indigne du groupe et d’une mainstage, mais tout le monde (groupe et furieux) s’en fout et, personnellement j’ai rarement vu une ambiance pareille à 16 heures en 7 ans de Hellfest ! Quelle énergie quel bordel !

Et je le dis et redis, Ben Barbaud est encore trop frileux avec les groupes français (la suite du festival nous donnera raison). Franchement 50 minutes allouées à 15h50 alors qu’un Turbonegro bénéficie d’une place de choix…. 

Et cette promesse du plus grand  Wall of death? Malgré 2 tentatives sur Plus que du métal et Furia il semblerait que la couronne reste chez Dagoba ….

 

TURBONEGRO (MAINSTAGE 2)

 

Alors sans vouloir être méchant, un concert de TURBONEGRO, c’est la gay pride du Metal. On assiste médusé à un concert Metal glam des Village People. C’est à la limite du ridicule tant ces mecs alignent les clichés éculés dans l’attitude et dans la musique. Parler de son érection, c’est gentil 5 minutes mais au bout de 20 minutes, personnellement ça me fait débander.

 

Bref on s’est fait chier grave… Ce qui n’est pas le cas de la Turbonegro army qui était complètement déchaînée dans les premiers rangs. Dans le délire cul et Hard Rock, on préfère carrément les mecs de Steel Panther !

 

VADER (Altar)

 

Les Polonais étaient plutôt attendus sur cette édition du Hellfest et ont donné au public ce qui a fait leur réputation. Un set carré, puissant, qui ne ménage personne. Toutefois, Piotr Wiwczarek, tête de pont du groupe n'a-t-il pas prit un coup de vieux ? On se pose la question car le concert donnait l'impression d'être un peu plus laborieux qu'auparavant. D'ailleurs le public était assez calme, sous une Altar tout de même pleine, il faut le reconnaître. Un bon concert, comme il y en a eu beaucoup d'autres sur cette édition. 

 

KILLSWITCH ENGAGE (Warzone)

 

C'est devant une Warzone pleine à craquer que les américains ont officié. Tête de pont de la vague Metalcore qui générera le meilleur comme le pire, le groupe a toujours eu une solide réputation sur scène, qui ne sera pas démentie ici. Un son impeccable, des musiciens heureux d'être là et surtout : Un Jesse Leach au sommet de son art ! 

 

Le retour du chanteur originel avait laissé le public dubitatif, tant Howard Jones (son remplaçant) avait fait un travail formidable avec le groupe, livrant ce qui reste aujourd'hui les meilleurs albums du combo. Revenir après lui était un défi pour lequel Jesse s'est préparé. Son répertoire vocal s'est beaucoup élargit et il n'a cessé d'épater le public ! Il est vrai que rares sont les chanteurs capables d'alterner chant clair et saturé avec une telle facilité. Dynamique, communiquant facilement avec le public, Killswitch Engage a montré qu'un nouveau chapitre démarrait. 

 

En bref : Le groupe a rasé la Warzone et ce ne seront pas les seuls ! 

 

BULLET FOR MY VALENTINE (MAINSTAGE 1)

 

Encore un groupe de metalcore… les écossais jouent bien, ils ont un gros son, il y a des riffs qui claquent et des mélodies entêtantes, le public apprécie mais pour moi, le principal défaut c’est le style musical en lui-même… le metalcore est un fourretout sans queue ni tête qui recycle les clichés musicaux du métal extrême des quinze dernières années en essayant de rendre ça mainstream.

Ecouter du metalcore, c’est un peu comme regarder un film de Michael BAY… C’est super bien fait, on ne comprend rien à l’histoire mais on s’en fout car on en prend plein la gueule… distrayant et crispant à la fois…

 

SACRED REICH (ALTAR)

 

Bien qu’ils soient originaires de l’Arizona, les mecs de SACRED REICH et leur Thrash agressif ont souvent été associés à tort au mouvement de la Bay Area. Quand on les écoute en live, on se rend compte que ce n’est pas étonnant tant leur musique évoque le Metallica des débuts, Exodus et Death Angel.

Retirés des affaires depuis 2000, ils viennent cependant jouer régulièrement au Hellfest (troisième participation). Ils nous offrent en ce jour une belle leçon de Thrash old school  groovy et puissant. Bien cool.

 

INQUISITION (TEMPLE)

 

Direction la Colombie avec ce vieux groupe de thrash qui s’est mué au fil des années en incarnation black métallique.  On voulait notre groupe de pandas pour cette édition 2016 (comprendre : groupe avec le visage peint en blanc et les yeux en noir) et on les a eus. Pour résumer, ça blaste et ça hurle et ça parle de trucs de démons. Objectivement, INQUISITION n’a rien qui le distingue plus de la kyrielle de pandas black métalleux. Beaucoup de bruit pour rien comme dirait l’autre….

 

HATEBREED (MAINSTAGE 2)

 

Alors HATEBREED, c’est la classe internationale du hardcore ricain. On les a déjà vus plusieurs fois au Hellfest mais on prend toujours du plaisir sur leur musique qui mélange hardcore old school et Metal. Le leader JASTA en impose sans trop en faire (ce qui est la marque des grands).Et clairement, le petit plus de HATEBREED, c’est ce côté métallique de la rythmique qui réunit dans un même circle pit keupons, hardcoreux et métalleux.

 

VOLBEAT (MAINSTAGE 1)

 

Alors que le groupe enchaîne les tournées aux Etats Unis  et joue en tête d’affiche dans la plupart des festivals européens, la France semble relativement hermétique a la musique des danois. Il faut dire que mis à part les festivals et Paris,  le groupe ne tourne pratiquement pas en province.

Venus défendre leur sixième album  Seal the deal and let’s boogie,  les danois joueront 4 morceaux du nouvel album avec notamment l’intro du concert : the devil’s bleeding crown. Bénéficiant enfin d’un son de bonne qualité sur la Mainstage 1 Michael poulsen et sa bande enchainent les tubes avec une facilité déconcertante: Lola montez,fallen ,sad man’s tongue et pour finir en beauté avec Still counting. L’intégration de Rob Caggiano  est maintenant  définitive et on sent le guitariste beaucoup plus à l’aise et heureux d’être là.  Au contraire du nouveau venu à la basse, Kaspar Boye larsen, très en retrait et qui semble quelque peu perdu sur la grande scène.

 

VOLBEAT fait le job grâce à des compos de qualités et un Rob Caggiano qui s’impose de plus en plus comme un soliste de classe mondiale et on comprend mieux pourquoi Michael Poulsen l’a débauché de chez Anthrax. En ces temps de baccalauréat, VOLBEAT est reçu …avec mention bien ! 

 

 

DROPKICK MURPHYS (MAINSTAGE 2)

 

Les keupons celtiques de Boston fêtent en 2016 leur vingtième année d’existence. Que dire de ce concert mémorable… pendant 1 heure ce sera la fête de la saint Patrick sur la Mainstage 2.

La musique des DROPKICK MURPHYS est festive et va chercher ses racines dans le folklore irlandais mais elle se pare des oripeaux punk rock de la classe ouvrière dont ils se revendiquent. Ils reprennent à la sauce vénère des chansons irlandaises traditionnelles  mais dans leurs compositions originales, leurs textes parlent de lutte des classes, des ouvriers et du respect de la famille et de la fratrie. Les chansons s’enchainent au son de guitares saturées, de chant vindicatif mais aussi de banjo, d’accordéon et de cornemuse. Une bonne claque festive qui fait du bien par où elle passe.

On notera un rappel de folie  avec le tube international Im shipping up to Boston (bande originale du film de Martin Scorcèse  Les Infiltrés) repris en cœur par 40 0000 furieux.

 

 

RAMMSTEIN (MAINSTAGE 1)

 

C’est assurément la tête d’affiche du festival. L’organisation du Hellfest a dû  trouver la plus grosse scène en Europe pour installer le contenu des 17 camions de la caravane RAMMSTEIN. Le show promet d’être dantesque. Les festivaliers le sentent et c’est un océan de métalleux qui envahit la Mainstage 1 et ses abords. Vu depuis les écrans géants, c’est à donner le tournis. 50 000 personnes réunies pour communier avec la fureur teutonique du sextet berlinois.

Dommage pour TESTAMENT et SUNNO))) qui en feront les frais niveau fréquentation…

Le show débute à 23h10 et va offrir pendant 1h30 une débauche  pyrotechnique à base de feux d’artifices et autres  jets de flammes. 

 

Musicalement,  depuis Herzeleid, Sehnsucht et Mutter, RAMMSTEIN ne cesse de décevoir avec des albums moyens et pas toujours inspirés. Mais en live c’est toujours une machine de guerre qui n’hésite pas à faire parler la poudre. Les morceaux s’enchainent au rythme des moments de bravoure orchestrés par le frontman till Lindeman qui assure son rôle à la perfection.

On enfile avec bonheur un best of des allemands. Du puissant feuer frei au délicat seeman en passant par le tube planétaire du hast, le groupe pourtant dans une posture hyper froide et mécanique réussit à faire communier la foule du Hellfest. Les morceaux sont joués à la perfection. Le son est énorme.

On le sait, avec RAMMSTEIN, on en prend plein les yeux et plein les oreilles. Il est difficile de retranscrire par écrit le spectacle qui se déroule sur la Mainstage 1. Au hasard, on peut parler du chanteur qui se fait sauter avec un ceinture d’explosifs… ou encore quand il s’envole avec des ailes qui prennent feu… et les deux guitaristes dont les instruments crachent des flammes… bref c’est jouissif et le public est acquis à la cause RAMMSTEIN. Même le rappel sur le moyen Amerika sera plébiscité.

Bref un grand moment de communion métallique. Furieux, étrange, puissant et parfois bizarrement poétique…

 

 

THE OFFSPRING (MAINSTAGE 2)

 

Aller voir THE OFFSPRING en live en 2016, c’est comme retrouver un vieux pote de lycée avec qui on trainait et on a fait les 400 coups mais qu’on a perdu de vue. On va au rendez vous sans savoir si on va passer un bon moment car on le sait bien que remuer les vieux souvenirs laisse souvent un goût amer. Bref on est plus curieux que motivé et on y va à reculons… 

 

Le concert commence… et au lieu de mecs en dreadlocks maigrichons, vénères  et en short, on voit débouler des quinquagénaires plutôt tranquilles. Dexter Holland, Greg K et Noodles ont 50 ans ! On écoute la première chanson, puis la deuxième et la troisième. Alors ca ne saute plus dans tous les sens sur la scène mais nous non plus car on a vieilli et on se rend compte  que ces mecs nous ressemblent et que nous aussi on a vieilli… 

 

Alors on passe un bon moment. Un super moment même ! Le groupe aligne les tubes pendant 1 heure et on chante comme si on avait 17 ans, comme si rien n’avait changé. Un pur moment de bonheur.

Une simplicité punk rock dépouillée après le déluge sonique et pyrotechnique de RAMMSTEIN paraissait bizarre mais elle se révèle jouissive et nous rappelle que le HELLFEST est une terre musicale de contrastes.

 

Merci les gars ! 

 

SAMEDI

SIXX AM

 

Le groupe de Nikki Sixx était attendu, très clairement. Armé de DJ Ashba, ex-Guns'N Roses qui avait déjà bossé avec Sixx dans Motlëy Crüe pour Saints Of Los Angeles, les voici sur scène avec le groupe qu'ils ont créé ensemble. Un combo solide, de quatre musiciens et deux choristes qui auront toute l'attention du public. Le set est rock, on fait face à des bêtes de scène et ça se sent immédiatement. Un excellent concert, énergique, mêlant les codes du Hard, du Sleeze et d'une touche de Glam.   

 

THE AMITY AFFLICTION (MAINSTAGE 2)

 

Alors là, je ne sais pas quoi écrire… On touche le fond… c’est du metalcore et les mecs sont australiens… on a envie de leur dire que ce n’était pas la peine qu’ils fassent le déplacement… c’est en fait de la variété avec une guitare saturée et un mec qui hurle comme un connard (on dirait même KYO en plus vénère et les refrains font penser à du ONE DIRECTION)… Putain on est samedi et THE AMITY AFFLICTION joue sur la Mainstage…  Affliction signifie peine profonde en anglais… c’est ce que je ressens à l’écoute du groupe…Tiens je viens de me vomir dans la bouche…

 

AGORAPHOBIC NOSEBLEED (ALTAR)

 

Au grand prix du nom de groupe le plus barré, ne cherchez plus ! Jackpot !

Nous avons notre grand vainqueur avec SAIGNEMENT DE NEZ AGORAPHOBIQUE ! Pour résumer, c’est un groupe culte de cyber grind qui a donné 5 concerts en 20 ans et est géniteur d’une trentaine de sorties discographiques.

La particularité de ce groupe est l’utilisation d’une boite à rythme en lieu et place de la batterie. On notera qu’ils sont accompagnés d’une jolie blonde qui, vu son jeune âge ne devait pas faire partie du groupe à ses débuts, mais hurle comme une démente. Gros son pour une musique intense et puissante qui tabasse sévère.  Agréable surprise au final mais effectivement comme son nom l’indique, si on n’est pas habitué au grind, ce groupe peut provoquer quelques saignements de nez…

 

WITH THE DEAD (VALLEY)

 

On était impatient de retrouver le grand Lee Dorian, pape du DOOM et fondateur du cultissime groupe Cathédral qui s’entoure de zicos d’Electric Wizard et de Bolt Thrower… Et la déception est à la hauteur de nos attentes. Pas très inspirés et pas très motivés, le groupe nous livre un set ennuyeux qui laissera le public de marbre. A noter le son d’une insupportable puissance avec une basse qui soulèvera nos casquettes pourtant bien vissées sur la tête…

 

JOE SATRIANI (MAINSTAGE 1)

 

C’est un réel bonheur de pouvoir assister à un concert de JOE SATRIANI sur une la Mainstage. Ce mec est un dieu vivant de la guitare qui a influencé et continue d’influencer bon nombre de métalleux de tous bords.

 

50 minutes c’est peu mais le maître va éclabousser l’audience avec une puissance et une classe incroyables. IL enchaîne les tubes… summer song, satch boogie, surfin with the alien, always with me… à un rythme infernal et se met le public dans la poche.

 

Parfait Mister Satriani. Le contrat est plus que rempli.

 

Nous espérons que l’accueil qui a été réservé au maître Satriani ne soit pas qu’un one shot et que Ben Barbaud nous programme à l’avenir d’autres groupes ou artistes du même acabit. Et oui il n’y a pas que le black, le death, le hardcore et le punk dans la vie… Vive les guitar heroes !

 

DISTURBED (MAINSTAGE 2)

 

Dans une édition 2016 pour laquelle les organisateurs avaient choisi de ne pas mettre de véritable tête d'affiche le samedi, DISTURBED était un peu l'attraction de ce deuxième jour de festival.

Placé sur la Mainstage 2 à 19h30, le groupe de Chicago livre une prestation correcte mais gâchée par une très mauvaise sono alors que globalement tous les groupes, même les plus modestes, bénéficiaient d'un son proche de la perfection durant ce Hellfest.

Une guitare relativement absente, ce qui étonne lorsque l'on connaît les productions du groupe fondé par Dan Donegan (guitariste justement), ainsi qu'un son pas véritablement fort..

Treize titres joués durant ce set d'une heure, dont trois de leur excellent dernier album, le reste étant un mélange de leurs standards habituels (Down with the sickness, Voices, The game...).

Un concert marqué par l'interprétation de Sound Of Silence (reprise de Simon&Garfunkel) en acoustique (couillu en plein Hellfest) avec une prestation vocale de David Draiman proche de la perfection.

 

La deuxième moitié du show nous réserve trois excellentes surprises avec les venues de Nikki Sixx (Mötley Crüe) pour une cover de Shout At The Devil et de Monsieur Glen Hugues (ex Deep Purple, ex Black Sabbath) pour la mythique Baba o'Riley des Who.

 

Il s'en suit une troisième reprise consécutive qui finit d'enflammer la foule: Killing in the name de Rage Against The Machine (il faut saluer le courage d’un groupe qui joue du Simon and Garfunkel et du RATM dans le même set !)

 

Allez les gars, la prochaine fois,  un peu plus d'entrain dans la prestation ainsi qu'un meilleur son et tout le monde s'en souviendra comme un des meilleurs concerts du week-end !

 

BAD RELIGION (Warzone)

 

Les californiens font partie de ces groupes dont on se demande s'ils ont leur place au Hellfest. Puis ils commencent leur set... et la question ne se pose plus. 

 

Bad Religion a une fanbase super-solide et une fois encore la Warzone était pleine à craquer. Face à ce Punk Californien pur jus, on retrouve vite son adolescence. Un excellent son, un set aux oignons, on pensait y jeter un œil rapidement... Puis on reste jusqu'à la fin. 

 

Le groupe fêtera en 2019 ses quarante ans d'activité, espérons les voir à nouveau pour cette date anniversaire. 

 

BRING ME THE HORIZON (MAINSTAGE 2)

 

La place de BRING ME THE HORIZON (BMTH pour les afficionados) si haut dans l’affiche m’avait largement interpellé. Pour avoir vu le groupe une seule fois auparavant au Sonisphère en 2011 j’avais le souvenir d’un groupe de metalcore (le nom à la mode pour tous les groupes de jeunes qui pratiquent du métal moderne !) pas franchement emballant et j’avoue sincèrement que sans cette position si basse et l’attente pour Twisted Sister, jamais je n’aurais assisté au concert de BMTH cette année. 

Apres un début de concert  retardé de près de 10 minutes sans aucune explication, le groupe bénéficie d’une production digne d’une tête d’affiche en matière de son, de lights et d’effets pyrotechniques. Les zicos  embrasent le pit (constitué de jeunes donzelles surexcitées et fraichement tatouées) avec des tubes tel que : Happy song, sleepwalking et drowne pour clôturer le set.

Seule ombre au tableau, le chanteur Oliver sykes  aka « oli » est pratiquement aphone mais arrive à s’en sortir grâce à une certaine roublardise et met toute la gente féminine dans sa poche à grands coups de clichés tous plus gros les uns que les autres : les mains en forme de cœur, les roulades sur  scène, le bain de foule dans la fosse…

Mais force est de constater que le groupe a largement progressé depuis 2011 et qu’il est capable en 2016 de tenir une scène telle que le Hellfest à 22 heures devant près de 40000 personnes.

A défaut d’adhérer à leur musique, j’avoue que la progression du groupe est impressionnante et que le chanteur « Oli » a déjà tout d’un futur grand pour peu qu’il apprenne à gérer sa voix et rester un peu plus authentique !

 

 

FLESHGOD APOCALYPSE (TEMPLE)

 

Là c’est du sérieux. Ça ne rigole pas sous la Temple. Des mecs avec des visages de morts vivants qui jouent du death metal technique et costumés façon 17eme siècle, en  chemises à jabot et en plus accompagnés d’une cantatrice…ça m’interpelle. 

C’est conceptuel et ça dégage une noirceur abyssale. Puissant, racé et jamais ridicule malgré sa scénographie, FLESHGOD APOCALYPSE distille un parfum venimeux et malsain. 

Le bal des vampires version death metal. Une vraie découverte originale dans le petit monde du métal extrême. A suivre…

 

 

BAD RELIGION (WARZONE)

 

Les vétérans californiens envahissent la WARZONE au son de leur punk rock revendicatif et livrent une prestation énergique qui secouera le pit pendant tout leur set.

Le truc avec BAD RELIGION c’est la positivité qui se dégage de leur musique. C’est violent et speed mais ça fout la patate pour le reste de la journée.  

 

TWISTED SISTER (MAINSTAGE 1)

 

Lorsque le Hellfest à pris la décision de mettre TWISTED SISTER en tête d’affiche le samedi soir, bon nombre d’entre nous se sont gaussés du manque d’ambition du festival et qu’entre  RAMMSTEIN et BLACK SABBATH,  les sœurs tordues faisaient figure de tête d’affiche au rabais.

 

Pour avoir vu le groupe de nombreuse fois,  je savais que TWISTED SISTER n’aurait aucun problème à assurer son statut .Suite au décès en 2015 du batteur A.J. Pero,  le groupe décide d’effectuer leur tournée d’adieu baptisée «  Forty & fuck it ».

 

 Une vraie tournée d’adieu « pas comme Scorpions ou Judas priest » dixit Dee Snider !

Avec Mike Portnoy derrière les fûts, Twisted sister gagne en précision et en puissance ce qu’il perd en groove et en feeling. Mais force est de constater que la présence du batteur surdoué à la barbe bleue semble booster le groupe.  Dee Snider, toujours aussi affuté, enchaine les moments de bravoure que sont burn in hell,the price, SMF sans oublier les classiques pour faire chanter la foule: I believe in rock n’ roll, I wanna rock et bien évidemment we’re not gonna take it.

 

We’re not gonna take it… morceau que les festivaliers vont chanter à tue-tête très tard dans la nuit Clissonnaise.

 

L’émotion viendra avec la venue sur scène de Phil Campbell, pour un des nombreux hommages à Lemmy, qui se joint au groupe pour 2 morceaux :Shoot’em down de TWISTED SISTER et Born to raise hell reprise de MOTORHEAD. Le concert se terminera sur un feu d’artifice grandiose et des images de Lemmy Kilmister.

 

N’en déplaise à certains,  les sœurs tordues ont  assuré un des meilleurs concerts du weekend, festif et jouissif en diable !

 

On se pose alors une question… Lorsque tous ces « vieux » groupes auront disparu il sera difficile de trouver de telles Tête d’affiche parmi la relève…

 

Allez!  tous ensemble: we’re not gonna take it, no we ain’t gonna take it….

 

NAPALM DEATH (Altar)

 

Tandis que les Twisted s’accaparaient la Mainstage, la Altar en prenait plein la tronche avec Napalm Death. Le groupe était en grande forme et à assurer un set détonnant, tout en décrochant la palme du groupe qui a joué le plus fort sur ce festival ! Une tente pleine à craquer les attendaient... et ils l'ont reçue de pied ferme ! Une batterie tonitruante, des guitares incisives et une set-list tapant dans tous les sens, bref. Un concert dantesque qui fait sortir du lot le combo parmi la pléthore de groupes de Death qui ont officié au Hellfest 2016. 

 

 

KORN (MAINSTAGE 2)

 

Un groupe qui, après une tournée du vingtième anniversaire de son premier album l'année dernière, revient à un show classique avec une setlist variée, mélange des meilleurs titres de leurs 7 premiers albums. 

 

Show carré à l'américaine, gros son et un Jonathan Davis en grande forme qui prend de plus en plus de goût à faire du chant saturé (prise d'oxygène entre chaque morceau pour assurer néanmoins). 

Le nouveau venu Ray Luzier à la batterie fait aisément oublier David Silveria. Il prend également ses libertés sur certains morceaux qu'il modifie avec talent.

 

Excellent concert du groupe de Bakersfield, qui revient au top en live en cette année 2016.

 

GUTTERDAMMERUNG (WARZONE)

 

C’est un opéra métal assez difficile à résumer ayant pour concept un combat divin entre diverses factions religieuses qui veulent récupérer une guitare…c’est un film de 1 heure projeté sur un écran géant qui voit défiler le gotha  du métal et du rock international : Lemmy Kilmister, Hennry Rollins, Tom Araya, Slash, Iggy Pop, Jesse Hugues, Josh Homme, Rob Caggiano, Michael Poulsen, Nina Hagen et même Grace Jones ! 

 

Le film est visuellement très bien réalisé et est rythmé par un groupe qui reprend des standards du metal à la perfection… c’est très arty mais très cool. Une expérience assez étrange dans le cadre d’un festival mais très intéressante. Soit on le prend comme une suite de clips vidéos stylés sous influence, soit on considère le tout d’une manière empirique et on cherche un sens profond… Dans les deux cas on prendra du plaisir.

 

 

 

DIMANCHE

DRAGONFORCE (MAINSTAGE 2)

 

DRAGONFORCE, c’est la surmultipliée du speed metal. 

Avec ces mecs, tout file à la vitesse de la lumière dans une bonne humeur contagieuse. Même s’ils viennent des quatre coins du globe (hong kong, Nouvelle Zélande, Ukraine, Angleterre, France), ils portent haut et fier l’heritage du speed metal allemand en dignes rejetons d’ Helloween, Gamma Ray, Edguy et consorts. Gros succès sur le final supersonique trough the fire and flames bien connu de tous les joueurs de Guitar Hero en mode expert.

Ceux qui l'ignoraient ont vite comprit que le bassiste du groupe Frédéric Leclercq est français. Il n'a pas hésité à prendre le micro pour échanger avec le public. Un détail qui a tout de même ajouté au set. 

 

Bref un moment très sympathique à savourer entre potes avec un pichet de bière. 

 

NO ONE IS INNOCENT (MAINSTAGE 1)

 

Assurément l’année 2015/2016 aura été une grande année pour les NO ONE. Entre la première  partie d’AC/DC au stade de France et le Hellfest, le groupe de Kémar enchaine les concerts avec force et respect tant le groupe respire la sincérité et la joie d’être sur scène… à mille lieux de la forfanterie d’un BMTH …

 

On a  l’impression d’être en répét avec le groupe.  Le concert n’est qu’une succession de morceaux phares du groupe: nomenklatura, charlie, silencio sans oublier la peau que le groupe rêvait de jouer depuis longtemps sur la Mainstage. .Après 7 morceaux plus l’hommage à Lemmy  avec  la reprise de we are the road crew , difficile de résister à NO ONE IS INNOCENT tellement le groupe amène un vent de fraicheur sur le Hellfest. Malgré un horaire et une durée indignes pour ce groupe, NO ONE IS INNOCENT a prouvé (à l’instar de GOJIRA, MASSHYSTERIA et THE ARRS) que les groupes français méritaient surement mieux de la part des organisateurs…

 

 

BRODEQUIN (ALTAR)

 

Pour ceux qui ne le savent pas, les brodequins sont des instruments de torture moyenâgeux destinés à briser les jambes en faisant éclater les os en morceaux. 

 

On se doute donc un peu qu’en appelant son groupe BRODEQUIN, les musiciens ne vont pas faire dans la dentelle glam rock ou dans le rock progressif… 

 

On constate dès le premier morceau qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise…

C’est donc bien une torture que ce duo américain avec son death metal crade, organique et hyper violent nous propose. Au bout du troisième morceau, une douleur sévère nous envahit le corps et nous décidons de battre en retraite avant que nos os craquent et que notre cervelle fonde et coule par nos oreilles… opération que nous ne sommes pas les seuls à effectuer car la scène se vide pendant leur set…

 

TARJA (MAINSTAGE 2)

 

La sublime cantatrice et ex chanteuse de Nightwish investit la Mainstage 2 avec un groupe de zicos qui assure. Si la musique se tient bien, il faut endurer le chant haut perché et strident sur fond de heavy metal… les fans apprécient et les autres filent au bar ou se rincent l’œil en matant la diva du métal (plus belle que jamais dans une magnifique robe noire) avec une indifférence polie…

 

GOJIRA (MAINSTAGE 1)

 

Avec GOJIRA, on attaque avec du lourd. Le cyber death metal des basques emporte tout sur son passage. GOJIRA c’est la grande classe du métal extrême. Des compositions puissantes jouées à la perfection pour un public survolté. La musique du groupe est alambiquée mais est passionnante. La froideur des rythmiques est aussi implacable que le chant est vindicatif. Une grosse claque en ce milieu d’après-midi. Un des concerts du weekend. Assurément. 

 

 

MEGADETH (MAINSTAGE 1)

 

Bien que MEGADETH soit une des légendes vivantes du métal, on va toujours à reculons à un live du groupe. Pourquoi me direz-vous ? Parce que si Dave Mustaine est un compositeur et un guitariste de génie sachant bien s’entourer, il ne brille pas par son charisme scénique. De plus, la musique du groupe technique et racée ne se prête pas  à des débordements de folie sur scène. Votre serviteur, qui a vu le groupe dans ses diverses incarnations à moult reprises, compte les bons concerts de MEGADETH sur les doigts d’une main.

 

Mais ce soir, c’est la fête sur la Mainstage 1 ! Tout est en place et le son est phénoménal. Au menu, grosse claque sonore et leçon de métal. Les nouveaux font des merveilles : Kiko Loureiro (ex Angra) à la guitare brille par sa virtuosité et le batteur Dirk Verbeuren (ex Scarve, Soilwork)  apporte une puissance impressionnante à l’ensemble. Dave Mustaine est en forme et sans être un grand chanteur, sa voix de farfadet fait le job. Festival de chansons mythiques ce soir : hangar 18, tornado of souls (qui sera dédié à Nick Menza, ancien batteur de MEGADETH récemment décédé), peace sells, trust, symphony of destruction et le final magistral holy wars. On notera aussi le classique A tout le monde avec son refrain en français repris par le public. 

 

Bref, un putain de bon concert.

 

WALLS OF JERICHO (Warzone)

 

Voici un groupe qu'on avait hâte de voir sur scène. Le combo américain de Detroit Rock City était décidé à en mettre plein la tronche à quiconque d'approchait de la Warzone... Ce fut plus que réussit. Candice nous rappelle qu'une femme peut tout à fait casser la gueule de n'importe qui et le line-up stabilisé depuis plus de 10 ans est super-solide. Un son énorme, une vrai présence scénique, une authenticité rafraîchissante et un public conquis d'avance font de ce concert l'un des meilleurs de la nouvelle Warzone.  

 

CALIBAN (WARZONE)

 

Alors du metalcore sous la Warzone, ça peut paraître déplacé voire même anachronique… mais apparemment les teutons de CALIBAN  s’en foutent et balancent un show carré mais pas inoubliable. Même si leur musique est clairement Metalcore, l’expérience scénique  de ces gars qui jouent depuis presque 20 ans attire la sympathie des keupons et des hardcoreux.  

 

Sympathique… ouais c’est le mot pour résumer ce concert.

 

 

SLAYER (MAINSTAGE 1)

 

Avec les barbus de SLAYER, on sait ce qu’on va voir et entendre… Du THRASH ! Du Thrash pur jus, du Thrash old school, du Thrash qui fait ma l.

 

Et on n’est pas déçu.

 

Le backdrop « Hanneman » facon logo Heineken nous rappelle que le groupe n’a pas oublié leur premier guitariste et principal compositeur, le regretté Jeff Hanneman. Paul Bostaph assure à la batterie (même s’il est excellent, il ne fait pas oublier le maître Dave Lombardo) et Gary Holt (Exodus) ne démérite pas à la deuxième guitare.

 

Sinon pour le reste, ça déboule à 100 à l’heure et ça ne freine pas dans les virages.

Ces mecs n’ont pas bougé musicalement d’un iota depuis 30 ans… ça force le respect… ou pas…

Moments forts bien sur : Angel of Death et Raining Blood en rappel exécutés de manière impériale.

 

On regrettera simplement le manque de communication de sire Araya, qui était en pilote automatique et le faible son de Gary Holt, qu'on aurait aimé entendre un peu plus. 

 

 

AMON AMARTH (MAINSTAGE 2)

 

Direction le grand nord et les vikings death metalleux de AMON AMARTH. Les suédois balancent une musique guerrière puissante narrant des aventures de batailles épiques, de quête du Walhalla et de dieux nordiques  qui se déchirent.

 

Malgré la violence et l’agressivité musicales, AMON AMARTH produit une musique entraînante et positive qui donne envie de chanter et de partir à la chasse dans les neiges du nord.

 

La voix du chanteur est si naturellement puissante qu’elle ferait fuir de peur un ours ou une tribu de loups. Les hymnes guerriers s’enchaînent et on ressort de ce concert heureux et revigoré !

 

 

GHOST (MAINSTAGE 2)

 

Que de chemin parcouru depuis 2011 et ce concert sous la Terrorizer ou j’ai découvert GHOST  grâce au Hellfest….

 

5 ans plus tard le groupe joue sur la Mainstage 2 à 22h00 avant Black sabbath. Presqu’une consécration, mais gageons que dans quelques années Ghost sera à la place d’Ozzy et sa bande tant la progression du groupe est phénoménale et c’est amplement mérité !

 

Attendu comme le messie, GHOST a mis les petits plats dans les grands : scène surélevée, light show impressionnant, distribution de sang par des nonnes sur body and blood, chorale d’enfants pour le final  monstrance clock. On sent le groupe en pleine forme et beaucoup plus mobile qu’auparavant. Les goules enchainent les poses  tandis que Papa Emeritus, libéré de sa tiare, assure le show et risque bien de devenir un frontman hors pair! Le public mange dans la main du groupe sur les tubes tels que : year zéro, cirice, mummy dust même la ballade He is passe sans encombre l’écueil de la scène! 

Seul bémol, le son un peu trop brut des guitares et le micro du chanteur sous-mixé. Quelques broutilles au regard de la performance des suédois qui nous donne la preuve que le groupe vient de monter en division supérieure.  GHOST se permet le luxe de ne pas jouer certains de ses tubes : ritual, con clavi con dio, per aspera ad inferi…

 

La fin du concert avec la chorale d’enfants  et les nonnes suivi d’un feu d’artifice restera comme un des grands moments du weekend. Assurément un des grands concerts de ce Hellfest 2016 !

 

 

PUSCIFER (VALLEY)

 

Suite à l'annulation de Down pour les raisons que l'on connaît, l'illustre Ben Barbaud a eu la bien bonne idée d'inviter PUSCIFER, profitant de leur tournée européenne pour venir poser leurs amplis dans les vignes de Clisson.

 

Emmenée par Maynard James Keenan, la formation attire de nombreux fans de Tool, curieux de voir leur idole qui se fait très rare dans nos contrées depuis une décennie.

Un show légèrement allégé par rapport à leurs dates en salle dont le thème principal est...le catch…

On ne retrouve ici pas de ring comme à Luxembourg par exemple, mais la troupe de catcheurs est bien là et organise sa chorégraphie au rythme des chansons du sextet de Cornville.

On retrouve Maynard avec un masque vissé sur la tête, et une chorégraphie bien particulière. Rien de très étonnant pour ceux qui connaissent sa personnalité déjantée. Les néophytes devaient se demander où ils étaient en revanche.

 

Sous la Valley, la voix spécifique du frontman de Tool fait merveille et s'accorde parfaitement avec celle de Carina Round qui collabore avec lui depuis plusieurs années et qui se fait de plus en plus présente. C'est simple, les deux chantent pratiquement tout le temps ensemble, en parfaite harmonie.

Le son est très bon, les musiciens aussi, Maynard James Keenan prend soin de bien s'entourer. On retrouve dans le groupe des anciens membres de NIN, A Perfect Circle, Ministry...

Puscifer a donc constitué une excellente conclusion à ce Hellfest 2016. Un groupe très atypique au regard du reste de la programmation, mais qui finalement a su convaincre la foule, pas vraiment venue en masse.

 

Est-ce que Ben Barbaud en aura profité pour convaincre Maynard James Keenan de ramener ses confrères de Tool pour la cuvée 2017 du "Elffestival "? Rien n'est moins sûr...

 

Conclusion

Apres une édition 2015 en tous points remarquable tant au niveau des améliorations du site que du point de vue musical, Ben Barbaud et sa bande se devaient d’enfoncer le clou pour  cette onzième édition. 

 

Autant le dire tout net, le pari est réussi.

 

Alors bien évidement avec toutes les améliorations et nouveautés de l’année précédente, il paraissait difficile de faire mieux. Mais c’est mal connaitre les organisateurs, toujours autant à l’écoute de festivaliers. 

 

La WARZONE était depuis très longtemps le point noir du festival. Grâce à l’achat de vignes et une refonte totale de la scène, l’espace des keupons et des hardcoreux aura été clairement la star de cette édition: décor de camp retranché (barbelés) , capacité accrue, des bars, des restaurants. Le bar à vin entièrement a entièrement été redécoré. Sans oublier la statue de Lemmy et son mausolée devenus le temps d’un weekend le décor le plus photographié du festival !

 

On rajoute la roue toujours debout, une tyrolienne qui a fait son apparition et sponsorisée par une marque de boisson énergétique.  Elle permettait de survoler les 2 Mainstage pendant les concerts ! Frissons garantis !

 

Au rayon des satisfactions, citons les bars : peu d’attente grâce à la carte de paiement Cashless et les toilettes accessibles et propres ; on remerciera aussi les bénévoles toujours aussi disponibles.

Seulement voilà… tout ceci à un prix… Et le prix à payer est que de plus en plus de monde veut voir ce Hellfest tant vénéré.

 

Et cette année le gros point noir, que dis-je, l’énorme point noir aura été la fréquentation du festival. On parle de 60 000 personnes au total, déclarés par jour soit 180 000 pour l’ensemble du Hellfest, Il est clair qu’avec l’agrandissement de la WARZONE  les organisateurs ont été tenté de faire grimper  la jauge.

Sauf que le site à clairement atteint ses limites, queues interminables  pour la fouille à l’entrée de la cathédrale (de 15 minutes à 1h30 d’attente pour une palpation sommaire), des queues interminables  pour créditer sa carte Cashless, des queues anarchiques pour manger et pire des queues pour accéder aux scènes! 

 

Et tout ça sans compter  sur nos amis « campeurs du dimanche »… vous savez ceux qui viennent équipés Décathlon de la tête aux pieds et qui n’hésitent pas à installer leurs chaises en plein milieu du passage… Ce qui donnera des scènes surréalistes de métalleux affalés avec tout le confort comme chez eux se foutant éperdument du fait qu’ils font chier le reste des festivaliers. Certains n’hésitent même plus à amener des matelas pneumatiques… véridique ! 

 

Il est clair que le Hellfest a pris une dimension énorme et internationale mais il va falloir prendre des décisions pour endiguer ce fléau (petit rappel le Wacken interdit depuis longtemps l’usage des chaises et parapluies sur le site !) faute de quoi le festival risque de perdre ses fans les plus mordus et devenir un fest de bobos qui viennent comme on va à Disneyland !

 

Sinon niveau musical RAMMSTEIN et son show pharaonique aura été le grand vainqueur du weekend. GHOST, AMON AMARTH et DISTURBED en outsiders de luxe. Comme souvent mentions spéciales aux groupes français : MASS HYSTERIA, GOJIRA, THE ARRS et NO ONE IS INNOCENT  qui méritent vraiment de meilleures places sur l’affiche… Au niveau des découvertes, on saluera le show hors catégorie de PUSCIFER et l’originalité de GOTTERDAMMERÜNG.

 

En cette période de baccalauréat l’élève Hellfest est bien évidemment reçu mais la mention très bien lui échappe  au détriment du bien pour avoir voulu être trop gourmand !

 

Le 05/07/2016

Par Éric, Mass & Wilhem