Hellfest 2016 - Ambiance générale

 

Première partie de notre live-report écrit du Hellfest 2016. Mass a prit la plume pour notre proposer son grand topo sur l'ambiance générale du festival clissonnais. 

“BACK IN THE VILLAGE AGAIN !”

Yes ! Comme le hurle si bien Bruce Dickinson avec la vierge de fer, nous sommes de retour au village !

 

Comme chaque année, l’équipe de Killer On The Loose s’est infiltré en pays nantais au milieu des vignes de Muscadet, destination Clisson Rock City et ses trois jours d’orgies métalliques !

 

Inutile de vous dire que nous étions fébriles à l’approche de cette onzième édition. Effectivement, on est encore tous secoués par le fest précédent qui aura fait péter tous les compteurs en matière de bruit, de fureur, de couleurs, de nouveautés hallucinantes et surtout de joie et de communion métallique.

 

Le Hellfest 2015 avait prouvé à ceux qui en doutaient encore que la famille des métalleux  planait au dessus du lot des conventions musicales et se suffisait à elle-même. C’est donc un peu comme des adolescentes avant leur premier concert des one direction que nous avançons en terre clissonnaise et franchissons la cathédrale qui nous mène à la 11ème fête de l’enfer… 

 

On nous avait promis un enfer météorologique mais force est d’avouer que les dieux du Metal auront été cléments avec nous et on ne subira que quelques averses le vendredi et le samedi. Rien de bien méchant (le camping souffrira un peu plus de la pluie…), mais tout festivalier ayant lu notre Man VS Fest était tout à fait prêt. 

 

Sold out en un éclair avant l’annonce de l’affiche finale, on s’attendait à voir cette année beaucoup de monde... et on n’a pas été déçu… On se rend compte que même si le festival commence officiellement le vendredi (le jeudi  étant initialement un jour destiné à accueillir les campeurs et proposer quelques libations en off), le public était arrivé en masse la veille (environ 40 000 personnes) et certains même dès le mercredi. 

 

Donc déjà beaucoup de monde le vendredi et d’entrée des difficultés pour circuler… Bon mais ça on y reviendra plus tard…

 

Les nouveautés de la dixième édition avaient été tellement étonnantes, qu’on se demandait si cette année le staff allait se poser un peu et proposer pour cette cuvée 2016 un Hellfest 2015 version 2.0… et bien non ! Définitivement non ! 

 

Alors cette affirmation va paraître redondante mais on est obligé de le répéter années après années,  le bigboss Ben Barbaud et son équipe ne se reposent jamais sur leurs lauriers. Non seulement Ils pérennisent et améliorent les bonnes idées mais cherchent à offrir des nouveautés pour le confort de tous.

 

Tout ce qui nous avait plus et enchanté les années précédentes est de retour. En plus de maintenir un haut niveau de qualité des infrastructures, le Hellfest se permet des améliorations hallucinantes et le mot n’est pas trop fort croyez nous ! (D’ailleurs on vous conseille d’aller consulter le live report Hellfest 2015 de l’équipe).

 

 

 

 

 

Des nouveautés très réussies

On commencera dès l’arrivée au site avec la traversée de la HellCity Street qui prend des allures techno SF. C’est bien simple on se croirait dans une rue du film Blade Runner ! Impressionnant ! On a même droit à un bar avec une licence 4.

 

Mais le plus gros changement reste la zone des keupons et des hardcoreux… l’année précédente avait vu se cristalliser le gros des critiques négatives  sur l’accès à la Warzone (« l’incident Body Count » avec une dizaine de milliers de fans bloqués dans le couloir d’accès à la scène…). 

 

Ben Barbaud a investi et acheté des vignes pour y créer une nouvelle et majestueuse Warzone sur laquelle règne une imposante statue du dieu Lemmy Kilmister trônant  à 15 mètres de haut. 

 

Investir la Warzone en 2016, c’est pénétrer une gigantesque prison métallique protégée par des miradors et des barbelés dont les bâtiments crachent du feu à la tombée de la nuit. La Warzone gagne donc son indépendance (zones de repos, bars, toilettes, restauration et scène digne des Mainstage) et devient ainsi la plus belle scène de tout le festival. Rien que ça.

 

A noter aussi la bonne idée d’avoir délocalisé le Skate Park au fond du site derrière la Warzone (son placement incongru près des tentes engendrait des bouchons l’année précédente).

Adossé à la Warzone, un bar à Muscadet relooké façon fût de vin gigantesque qui fera le bonheur des métalleux et ne désemplira pas pendant trois jours.

 

 

La tyrolienne, une expérience mémorable !
La tyrolienne, une expérience mémorable !

Le public des  Mainstage 1 et 2 verra défiler pendant deux jours (samedi et dimanche  car le vendredi les lights et feux de Rammstein avaient interdit toute traversée par sécurité) des métalleux en tyrolienne pour une nouvelle attraction appelée « the Descent ». 

 

Sinon on retrouvera avec bonheur, les Mainstage, les tentes, la grande roue, les écrans géants et la qualité des pelouses qui fera tant plaisir à notre dos et nos pieds et empêchera   le fest de se woodstockiser pendant les quelques averses du vendredi et du samedi.

 

On parlera aussi du son. Il est énorme sur toutes les scènes. Puissant, fort et clair. Un pur bonheur. On aura bien quelques prestations sonores en deçà de nos attentes mais globalement ce sera hyper positif tout au long du weekend.

 

Au niveau des points négatifs, on notera les queues interminables pour recharger sa carte Cashless avec sa CB (fort peu pour la charger avec du cash), mais surtout l’attente interminable devant la cathédrale qui donne accès aux scènes… Alors on veut bien comprendre que la préfecture ait imposé des fouilles plus poussées suite aux événements tragiques récents mais  entre 10 heures et 16 heures, c’est jusqu’à 90 minutes d’attente ! Et tout ça pour une fouille plus que succincte ! (NDLR : Ben Barbaud a publié un communiqué sur ces points relevés). 

 

Ce sera l’Extrême Market qui en fera les frais car une fois entré, le festivalier ne se risquera plus à sortir sous peine de repasser à la fouille…

 

En terme de public, on a été surpris de voir une explosion de festivaliers étrangers. Un sentiment tout à fait subjectif, mais nous avons pu échanger avec des Européens de tous pays, mais aussi des Colombiens, Mexicains ou mêmes Australiens, pour qui le Hellfest est une étape de leur voyage en Europe, ce qui en dit long sur la renommée du festival.  

Nous avons été également surpris de voir sur la journée du vendredi des métalleux à temps partiel arpenter le site avec un seul objectif : Être bien placé pour Rammstein. D'ailleurs ces derniers disparurent du site dès le samedi. Il était assez simple de reconnaître ces derniers car, armés de leur polo Celio et de leur chaussures de rando, ils se battaient pour être à l'avant de la mainstage dès 15h, mais ne supportaient pas être secoués... Ouais, une stratégie médiocre, on est d'accord. 

Le festival est bien évidemment ouvert à tous, mais la limite de ces personnes est de ne pas coller à cet esprit de camaraderie de la sphère Metal. On est face à des gens, énervés, peu patient et de manière générale assez peu amène. Ce ne fut toutefois qu'un détail dans une ambiance générale festive et très amicale. 

 

Chaque année le nombre de festivaliers augmente. Cette année, l’organisation annonce un chiffre de 60 000 personnes par jours donc 180 000 sur les trois jours… A Killer On The Loose, vu l’affluence et les problèmes de circulation sur le site,  on voyait plutôt une jauge à 200 000…

 

Les années précédentes, les problèmes de circulation se faisaient sentir à partir de 18 heures. Situation normale. Les métalleux sortent de leur léthargie pour avancer vers  les scènes afin de profiter des têtes d’affiche. Mais cette année, c’est dès 14 heures qu’on avait l’impression d’être à la gare du nord un vendredi soir.  

Les mainstage se remplissent dès vendredi midi
Les mainstage se remplissent dès vendredi midi

Il faut l'avouer, c’est assez impressionnant de voir 40 000 métalleux  secouer la tête pour des groupes qui jouent à 14 heures. Ces derniers vont également le relever, particulièrement heureux de voir autant de moment se tenir devant eux pour les voir performer. 

 

Ben Barbaud a beau minimiser en argumentant à juste titre qu’il arpente les festivals et que ces embouteillages sont monnaie courante, on a l’impression que la jauge a été trop remontée. Force est de constater que là où les plus courageux pouvaient assister à plus d’une quinzaine de prestations par jour sur les éditions précédentes, on tombe cette année  à une dizaine pour les plus motivés et prêts à en découdre avec les légions de festivaliers en chaise de camping…

 

Parlons-en des spécialistes du sitting devant les scènes ou de « la team chaises Décathlon »… véritable fléau de cette édition. « Oui  monsieur ! J’ai bien compris que vous voulez voir Black Sabbath qui passe à 23h… mais il est 15h et vous êtes assis sur votre chaise de camping devant la scène… si je peux me permettre vous allez être en plein milieu du circle pit de Gojira et je pense que votre thermos de thé et votre sac à dos vont moyennement apprécier le voyage… »

 

Alors on va le répéter : si tu es fatigué, tu peux poser tes fesses pour te reposer sous les arbres ou au calme loin des scènes… mais si tu n’es pas capable de rester debout, tu rentres chez toi et tu mates un DVD !  

Ambiance générale : Conclusion

 

Une réussite que ce site du Hellfest 2016 ! Si les points négatifs relevés plus hauts ont effectivement pu faire grincer des dents, force est de constater que cette 11 édition se démarque une fois encore des précédentes. 

 

Avec la Warzone, désormais plus belle scène du fest, une nouvelle dimension est donnée au site, celle d'avoir des ambiances différentes en fonction des zones où on se trouve. La statue de Lemmy, l'agencement général, tous ces éléments nous font plus que jamais flâner autour des scènes et chaque minute passée à aller d'un point à l'autre nous laisse vaguer dans ce mélange post-apo à la Mad Max... Promenade qu'on fera avec autant de plaisir la nuit, tant tout change une fois le soleil couché ! 

 

Si le public présent a eu tendance à se pépèriser cette année, force est de constater que malgré les files d'attente, les chaises pliantes et autres campeurs de la mainstage, l'ambiance générale était toujours bon-enfant, légère et festive. Cela reste la marque de fabrique des événements Metal. Si la barre des 180 000 personnes a été franchie et que les moyens déployés en terme de logistique, de déco et d'agencement sont définitivement colossaux... L'esprit du festival reste authentique. 

 

Ce festival est devenu un monument du Metal et son rayonnement est désormais international. Il est donc tout à fait normal de le voir ainsi victime de son succès. Cela n’empêche pas de voir tous ses fondamentaux présents. 

 

Malgré un succès insolent, le Hellfest est fidèle à lui-même.

 

par Mass

Le 01/07/2016